Le Président et le Bureau du Collège"en direct" |
29.05.2003 Communiqué
Manque de moyens dun côté, pénurie de professionnels de lautre, trop de maternités à faire fonctionner . Devant cette accumulation de difficultés, les décrets de périnatalité de 1998 ont pris comme un air de lettre au Père Noël
Comment les pouvoirs publics peuvent-ils résoudre cette équation apparemment insoluble ?
Deux possibilités peuvent grossièrement être avancées : soit les autorités considèrent, comme le font la plupart des professionnels, que les décrets de 98 sont bons et il faut trouver les moyens de les appliquer. Soit il faut modifier ces décrets pour les rendre applicables.
Le 10 mars 2003, M. Mattei a présenté publiquement son plan de soutien à la périnatalité. Au programme : 1) accélération des recompositions hospitalières, comportant des restructurations de maternités à faible activité et la création de centres périnataux de proximité, 2) mise aux normes des maternités dans un délai de 2 ans (au delà des délais prévus par les décrets), 3) préservation des compétences humaines en favorisant les passerelles entre privé et public et en augmentant le nombre de professionnels en formation.
Si les modalités pratiques dapplication de ces mesures restent à définir, les grandes orientations du projet paraissent conformes aux souhaits des professions de la naissance.
Quelle fut alors notre surprise, en recevant le 12 mars de la Direction de lHospitalisation et de lOrganisation des Soins (DHOS ; émanation du Ministère de la Santé), un courrier de propositions de modifications des décrets de périnatalité incluant des propositions incroyablement rétrogrades sur la sécurité périnatale. Le texte prévoyait notamment :
En bref, une adaptation des normes de sécurité aux moyens actuels et non un effort pour adapter les moyens aux normes de sécurité souhaitées pour la population.
Ces propositions étaient dautant plus inacceptables que les professionnels, réunis par la DHOS le 14 janvier 2003, (représentants des obstétriciens, des sages-femmes, des pédiatres des anesthésistes ) avaient massivement réaffirmé leur attachement aux décrets de 1998 et leur souhait de les voir appliqués dans les meilleurs délais.
Le Collège a violemment réagi à ces propositions en organisant une conférence de presse pour dénoncer cette régression sans précédent. Nous avons été reçus le jour même par le Conseiller Technique de M. Mattei, responsable de la périnatalité et nous avons reçu lengagement que ce texte ne serait pas validé sans de nouvelles discussions avec les professionnels.
La dernière réunion a eu lieu à la DHOS le 16 mai 2003. Certaines évolutions du texte des décrets semblent avoir fait lobjet dun certain consensus parmi les professionnels notamment sur la qualification des personnels travaillant en unité de néonatologie. En revanche, aucune concession na été faite concernant les seuils justifiant la présence dun obstétricien sur place ou celle dun anesthésiste dédié à la maternité. Un groupe de travail sur lorganisation et les fonctions précises des centres périnataux de proximité devrait en outre voir le jour. Ces structures dont les missions nont pas encore été clairement définies pourraient, moyennant une organisation souple et largement tournée vers lextérieur (réseau ville-hôpital avec les médecins généralistes et les sages-femmes libérales, hospitalisation à domicile ), assurer bien dautres missions que laccueil des femmes accouchées dans les maternités de référence.
Jusquà présent, le pire a été évité mais nous devons rester vigilants pour que lévolution se fasse vers une meilleure attribution des moyens et non vers une diminution des conditions de sécurité.
Pr B. Carbonne
Secrétaire Général du CNGOF
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