Le Président
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26.06.2003 (Conférence de presse)
| Introduction | ||
| I. État des lieux | II. Sécurité-proximité : l'impossible équilibre ? |
III. La place des différents professionnels de la naissance |
| Les propositions | Les propositions | Les propositions |
La signification des mots sécurité et proximité est souvent perçue de manière différente pour les professionnels et les usagers.
Le terme de sécurité correspond pour les professionnels à la sécurité physique et se mesure en termes médicaux. Pour les parents, il est important de se sentir en sécurité pour garantir le bon déroulement de laccouchement. La sécurité demande des compétences, une vigilance des personnes et des outils de surveillance. Les parents ont toute leur place dans la recherche de cette sécurité globale et une amélioration du dialogue serait vraisemblablement la meilleure prévention de lélévation du contentieux, qui peut prendre des formes judiciaires, entre usagers et soignants.
La proximité peut également sentendre selon deux perspectives : géographique (ne pas aller trop loin de son domicile) et relationnelle (être près de la famille au moment de laccouchement,
).
Lanalyse concernant les causes et circonstances de la mortalité maternelle nest pas connue du grand public. Elle a pourtant permis de montrer quune part importante des décès maternels aurait pu être évitée et ainsi de proposer de meilleures règles de fonctionnement.
En matière de mortalité péri-natale (mort des enfants en cours de grossesse ou pendant laccouchement ou juste après), les analyses de fonctionnement sont souvent réalisées par les réseaux de professionnels qui se sont organisés dans toutes les régions de France depuis la réglementation de 1998. Il nexiste malheureusement pas de recueil national de ces accidents.
Le "risque zéro" nexiste pas. Laction des sages-femmes et des médecins ne peut que diminuer les risques mais non les supprimer.
Les décrets sur la sécurité anesthésique datant de 1994 et les décrets périnatals de 1998 ont contribué à la diminution des accidents par létablissement de conduites à tenir réglées et par lintroduction de normes de surveillance.
Les normes établies par ces décrets, notamment en termes de garantie de présence de personnel, ne peuvent être appliquées que sil y a réorganisation des structures et des professionnels.
Les arguments favorables à laugmentation du volume dactivité dune maternité (nombre daccouchements/an) sont de nature " ergonomique " (regroupement des moyens matériels et professionnels, organisation du travail
), et de nature sécuritaire : en cas de complications, les performances de la structure sont meilleures dans les cas où il y a un grand volume dactivité, chacun effectuant des actes plus souvent, étant plus expérimenté, disposant dun meilleur équipement et de collaborations plus faciles en cas de difficultés.
De plus, le travail en groupe permet un auto-contrôle de qualité des soins par léquipe. La définition écrite des conduites à tenir permet dhomogénéiser les pratiques et garantit une qualité égale et correspondante au niveau des connaissances établies.
Les Agences Régionales dHospitalisation (ARH) considèrent que les regroupements sont nécessaires mais quils sont difficiles à réaliser. Ils nécessitent un travail de préparation préalable capital pour réussir la restructuration sur le plan humain. Cest le seul modèle économiquement viable évalué à ce jour. Une étude des solutions alternatives mises en place dans dautres pays dEurope reste à faire.
En revanche, concernant les grossesses et les accouchements normaux, les grosses maternités ont actuellement du mal à sortir du modèle de la pathologie et à offrir des soins personnalisés correspondant aux attentes des parents qui se demandent comment ils vont pouvoir maintenir leur projet personnel face à ce type de fonctionnement normatif.
Certains risques liés aux regroupements des naissances ne doivent pas être sous-estimés : moindre accessibilité, coût et organisation du transport, multiplication anxiogène des intervenants et des lieux, médicalisation accrue du fait de léloignement (demandes de déclenchement du travail
).
Il est indispensable que les regroupements ne se fassent pas au détriment de lhumanité et de laccompagnement des couples. Les regroupements de maternités doivent saccompagner d'une réorganisation des soins donnant à chaque professionnel la possibilité
d'exercer dans le champ de ses compétences et faire des effectifs en particulier de sages-femmes une priorité. Seul un accompagnement de qualité, par un personnel en nombre suffisant pour ne pas travailler constamment dans lurgence, peut permettre déviter la réputation " daccouchoir " des structures ayant une activité importante.
Sur lensemble de ce sujet, les usagers de la santé émettent de fortes réserves. Ils contestent toute politique de concentration des accouchements sans mise en place de solutions alternatives et sinquiètent de la disparition de certaines maternités de proximité.
Lorganisation de maisons de naissance doit faire lobjet dune évaluation stricte après mise en place de structures expérimentales accolées à une maternité. Dans les structures de type " maison de naissance ", il existe une tendance à la diminution des interventions (césariennes
) et une tendance à laugmentation de la mortalité périnatale qui ne sont pas statistiquement significatives. Pour les femmes qui souhaiteraient avoir la possibilité daccoucher dans ce type de structures, gérées de manière autonome par les sages-femmes et juxtaposées à une maternité, une information spécifique doit être parfaitement diffusée et comprise.
Lorganisation de laccouchement à domicile doit faire lobjet dune réflexion spécifique concernant les conditions de sécurité, de possibles recours à une équipe médicale, les conditions juridiques et dassurance professionnelle nécessaires à sa réalisation dans les meilleures conditions de sérénité.
La réglementation nouvelle a introduit le repos de sécurité et la réduction du temps de travail pour les médecins (maximum 48 hrs/semaine et repos après une garde). Cette amélioration des conditions de travail des médecins a pour objectifs la réduction de la pénibilité et lamélioration du niveau de sécurité. Lensemble améliore la qualité de loffre de soins et est approuvé par les professionnels.
Cette réglementation rencontre néanmoins de grandes difficultés dapplication car elle augmente le nombre de praticiens nécessaires par unité. Appliquée avec les effectifs existants, elle ne peut être mise en place que par des regroupements et par des mutualisations de moyens, tant en équipements quen personnels. Un travail déquipe et la cohésion ne sont possibles que si du temps est disponible pour le travail en commun (réunions, staffs
).
Le travail en réseau contribue à améliorer la sécurité en définissant les situations justifiant un transfert, en améliorant les conditions et lorganisation de ces transferts, en facilitant la communication et en évitant lisolement des professionnels participant au réseau. Tous les professionnels impliqués dans laccompagnement de la grossesse et de laccouchement doivent être intégrés au réseau, y compris les professionnels exerçant hors des établissements de soins (médecins généralistes, gynécologues exerçant en cabinet de ville, échographistes obstétricaux, sages-femmes libérales ). Les usagers doivent être partie prenante dans lorganisation et les orientations du réseau. Le fonctionnement doit permettre la mobilité des professionnels au sein du réseau. Il doit aussi permettre doffrir une diversité de choix pour les parents à chaque fois quaucun impératif médical nimpose un type détablissement.
| Propositions concernant l’équilibre sécurité / proximité :
1) Face à la nécessité de restructurations, il est important d’humaniser les grosses structures et de garantir la communication entre les parents et l’équipe médicale. Quelle que soit la dimension des établissements, la personnalisation des soins doit être une priorité. 2) Ceci est essentiellement une question d’effectifs. Il serait inacceptable d’utiliser les restructurations dans le seul but d’économiser du personnel, ce qui diminuerait inévitablement l’offre relationnelle et d’accompagnement. 3) Le concept de maisons de naissances gérées par des sages-femmes, est possible dans la mesure où la sécurité est assurée. Ceci implique une phase d’évaluation dans des structures à proximité immédiate d’un plateau technique complet et la possibilité de recours à un médecin anesthésiste, un gynécologue-obstétricien et un pédiatre. 4) Il est important de renforcer les réseaux inter-établissements et de leur confier avec clarté leur rôle de contrôle de qualité pour l’évaluation des pratiques, en y associant les professionnels et les usagers. Il faut développer les réseaux locaux ville-hôpital permettant un meilleur travail en commun. |
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