CNGOF

Le Président
et le Bureau du Collège"en direct"

22.02.2005 (Communiqué de presse)

Une politique de Gribouille !

À l’heure où Monsieur Douste Blazy met en place un plan périnatal, le CNGOF, le SYNGOF et la section de gynécologie obstétrique du Conseil National des Universités s’étonnent d’apprendre par la presse que le ministère envisage de supprimer la filière de formation des gynécologues obstétriciens et de réduire drastiquement le nombre des places offertes pour notre discipline et la pédiatrie ! On croit rêver. Comment développer un plan pour améliorer la sécurité de la naissance en formant moins de gynécologues obstétriciens et de pédiatres, alors que ces deux disciplines sont déjà en grande difficulté démographique ? Pour créer, comme le prévoit le plan périnatal, 370 postes de praticiens hospitaliers (dont 130 gynécologues obstétriciens et 140 pédiatres), il faut peut-être commencer par les former !

Il n’est pas très difficile de comprendre que pour faire fonctionner les 300 maternités privées et les 450 publiques de notre pays, il faut renouveler les 5000 spécialistes actuellement en activité. La carrière professionnelle étant d’environ 30 ans, il nous faut donc former environ 5000/30 spécialistes soit au minimum 160, et même plutôt 180 praticiens par an pour tenir compte du nombre de praticiens qui travailleront à temps partiel.

En 2004, 178 postes avaient été mis au concours, ce qui était raisonnable. En 2005, ces postes sont mélangés avec toutes les filières de spécialités chirurgicales. On en prévoit 110 pour la gynécologie obstétrique, mais les internes seront libres de préférer la chirurgie plastique ou l’ophtalmologie...

Allons-nous encore former en France des spécialistes sans tenir compte des besoins de santé publique ?

Ne sait-on pas au ministère qu’il y a plus de 790 000 naissances par an mais qu’il faut aussi suivre ces femmes, faire les échographies, les amniocentèses et aussi assurer la chirurgie gynécologique (75 000 hystérectomies, 45 000 interventions pour kyste de l’ovaire, 13 000 GEU ou 35 000 prolapsus et 250 000 IVG, sans compter les 3 500 assistances médicales à la procréation [1]) ?

Les besoins de santé publique sont bien définis. Il ne faut pas supprimer une filière bien identifiée et laisser les étudiants choisir uniquement en fonction de leurs goûts si cela ne répond pas aux besoins des populations. A notre avis, il devrait en être de même pour toutes les autres spécialités.

Non, tout le monde ne peut pas être chirurgien plasticien ou radiologue sur la Côte d’Azur. Il faut que les femmes puissent trouver un gynécologue-obstétricien bien formé pour les prendre en charge, même dans les régions où il n’y a ni mer ni montagne. Si nous n’en formons pas assez, nous ne pourrons jamais remplir les normes fixées par les décrets de 1998 et encore moins suivre  le plan périnatal de 2004.

Dans notre discipline, il n’y a pas de miracles Monsieur le Ministre, il faut être présent 365 jours par an et 24 h sur 24. Alors faites le compte : rien ne va plus.

Pr Jacques LANSAC, Président du CNGOF
Pr Bruno CARBONNE, Secrétaire Général du CNGOF
Dr Guy-Marie COUSIN, Président du SYNGOF
Pr Serge UZAN, Président de la section de G/O du CNU

 [1] PMSI 2002

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12/04/2005

Douste est Professeur en santé publique et en plus il a du coeur. Il faut qu'il réponde à cette lettre et qu'il dise clairement sa façon d'envisager la démographie des Gynécologues Obstétriciens. A mon avis il n'est pas sôt et si on regarde de prés on s'apercevra sans doute que l'âge moyen des Obstétriciens privés et nettement plus jeune que celui des Obstétriciens du public, si bien qu'en cas de pénurie c'est les hôpitaux publiques et surtout généraux qui vont souffrir en premier. Or la suppression d'une maternité dans un hôpital général précède sa fermeture de quelques années. C'est donc une vaste entreprise d'assainissement des finances publiques qui est proposée avec fermeture d'un certain nombre d'hôpitaux généraux au profit de l'offre de soins libérale. Les CHU ne sont pas intéressés sauf si apparaissait le concept d'université privée médicale (la pénurie d'Internes ou de Chefs pouvant être compensée par l'apport des étudiants européens voire étrangers).
Un des bras de levier médical de cette façon d'envisager l'avenir est le nécessaire regroupement des structures( à plus ou moins long terme) pour former des unités de 1500 à 2000 accouchements avec un service de pédiatrie digne de ce nom.
Pour moi la seule question qui vaille la peine d'être réglée  est la discussion  département par département et ville par ville du maillage exacte des établissements qui vont restés et de ceux qui vont disparaitre et ce dans la plus grande transparence. En réalité c'est l'avenir des villes rurales de 10 à 25000 habitants qui se joue et au delà l'option d'augmenter ou pas l'urbanocentrisme. Bien sur beaucoup d'autres ministères sont partie prenante : l'urbanisme, l'environnement, l'agriculture, le travail....
Je pense que c'est dans la globalité des implications qu'il faut traiter le problème de la démographie médicale obstétricale et non pas dans la seule naïve revendication corporatiste.
Bon courage, respectueuses salutations.

Dr GARCIA Raymond raymond.garcia@chicmt.aquisante.fr

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