CNGOF

Le Président
et le Bureau du Collège"en direct"

10.03.2005 (Communiqué de presse)

Il n’y a pas d’urgences en gynécologie-obstétrique !

Il est bien connu que s’il est une discipline où il n’y a pas d’urgences, c’est bien en gynécologie-obstétrique !

C’est bien ce que pense sans doute le Ministère de la santé qui s’apprête à mettre en œuvre un plan « urgences » sans y inclure notre discipline.
Qu’il soit besoin d’organiser mieux et de doter en effectifs les urgences générales ou pédiatriques, nous en sommes d’accord ; mais que l’on oublie les urgences en gynécologie-obstétrique, voilà qui est difficile à comprendre.
Les effectifs médicaux ou non médicaux sont, en gynécologie-obstétrique, calculés sur la base du nombre d’accouchements annuels et il est donc admis que cette équipe de garde puisse gérer, en plus de l’activité de la salle de naissance, les urgences gynécologiques et les hospitalisations et interventions qui en découlent.

Faut-il rappeler que les équipes ont actuellement à gérer des plateaux obstétricaux importants de plus de 1 500 accouchements, quand ce n’est pas 4 000 ou 5 000 ? Les urgences qui se surajoutent ne sont pas vues ou « pré-triées » aux urgences générales mais viennent directement dans nos services.
D’après une enquête faite par le CNGOF, elles sont en moyenne de 12 patientes par jour avec un taux d’hospitalisations de 15 %, et surtout un taux d’interventions de 50 % des femmes hospitalisées. Ces moyennes cachent des pics d’activité de 40 à 50 patientes, surtout dans les établissements importants réalisant plus de 2 500 accouchements par an. Il y a en France 118 000 femmes qui consultent pour une fausse couche, 13 000 pour une grossesse extra-utérine, 9 000 pour une salpingite ou un kyste tordu de l’ovaire… Elles ne passent pas par les « urgences ».
Le temps n’est plus, non plus, où l’équipe de garde attendait tranquillement une éventuelle césarienne. Elle est mobilisée en permanence par les soins aux patientes hospitalisées en salle de naissance, en grossesses pathologiques ou suites de couches dont la durée de séjour est très courte mais donc médicalement très active.

Il faut donc en gynécologie-obstétrique augmenter aussi les effectifs médicaux et non médicaux pour l’accueil des urgences, en particulier la journée et la première partie de la nuit (18 h-24 h). Il faut que ces urgences puissent être prises en charge rapidement sans attendre « des heures » que l’équipe de garde ait fini la césarienne, le forceps ou pire, la prise en charge d’une hémorragie de la délivrance.
Les services de gynécologie-obstétrique ne sont pas que des maternités mais aussi des services d’urgence médico-chirurgicaux. Il serait temps d’en tenir compte dans ce plan « urgences ».

Contacts scientifiques :

Jacques Lansac, Président du CNGOF
Tél. : 02 47 47 47 36

Bruno Carbonne; Secrétaire Général du CNGOF
Tél. : 06 20 37 44 16

Service de presse et de communication :

Marie-Hélène Coste
MHC Communication
Tél. : 01 55 42 22 10

 

 

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