CNGOF

Le Président
et le Bureau du Collège"en direct"

03.08.2005 (Communiqué de presse)
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Voir aussi, en bas de page, le communiqué commun du CNGOF, de la FNCGM et de la SFG (octobre 2005).

Traitements hormonaux, pilules contraceptives et cancers

Le CNGOF a étudié attentivement la publication de l’OMS classant les œstro-progestatifs utilisés en contraception orale et en traitement médical de la ménopause parmi les substances cancérigènes de groupe I, c’est-à-dire dont on est sûr que la prise augmente le taux de cancer dans l’espèce humaine.

Le CNGOF rappelle que :

En ce qui concerne la contraception hormonale

L’OMS signale une augmentation des cancers du sein. Il faut noter qu’elle est faible (RR=1,2) comparé au risque normal de 1 (Meta analyse d’Oxford 2001) et que ce risque disparaît dix ans après la fin de l’utilisation. Il faut dire aussi que le risque d’avoir un cancer du sein est plus augmenté, car multiplié par deux si on vit dans un pays à haut niveau de vie comme le nôtre ou par trois si on n’a pas d’enfants ou si on a des enfants après 30 ans.

En ce qui concerne le cancer du col, il faut rappeler qu’il est surtout un cancer sexuellement transmissible lié à un virus oncogène : l’HPV, même si les hormones peuvent jouer un rôle de promotion dans son évolution. Il faut rappeler aussi que la vie sexuelle, le nombre de partenaires, le tabagisme augmentent le risque de cancer du col beaucoup plus que la pilule (RRx3). Un vaccin contre le virus HPV est en cours d’expérimentation actuellement.

Pour ce qui est des cancers du foie, il faut rappeler que ceux-ci sont très rares (une quinzaine de cas par an attribués à la pilule en Angleterre) - et que le risque absolu est donc minime - et liés à la prescription de pilules fortement dosées en œstrogènes (50µg) (qui ne sont plus prescrites actuellement).

Enfin, ces risques cancérigènes, réels mais tout de même assez faibles, doivent être mis en balance avec les avantages de la contraception orale :

En ce qui concerne la ménopause

Le CNGOF rappelle les recommandations faites avec l’ ANAES en 2004 :

En conclusion, le CNGOF souligne que tous les médicaments ont des effets bénéfiques mais aussi des contre-indications et des effets délétères. Si le risque de cancer du sein ou du col est faiblement augmenté par les traitements hormonaux, expliquant le classement de l’OMS de ces produits parmi les produits cancérigènes, il ne faut pas perdre de vue qu’ils ne sont pas les seuls facteurs de carcinogénèse.

L’abandon de la pilule par peur du cancer ne protégerait pas contre le cancer du col dû à un virus et au tabac. Son abandon ne protégerait pas non plus contre le cancer du sein, en augmentation dans nos pays du fait de l’allongement de la durée de la vie, du recul de l’âge à la première naissance, de nos habitudes alimentaires. Cet abandon ferait aussi perdre les avantages pour la santé des femmes que constitue l’espacement des naissances et donc des complications de la grossesse, ainsi que les examens systématiques et de dépistage faits à l’occasion de la prescription de la pilule.

Pour les traitements hormonaux de la ménopause, les risques liés à la prescription hormonale et qui ne sont pas que cancérigènes doivent être évalués par le médecin en fonction des troubles dont se plaint la femme. En l’absence de troubles, il n’y a aucun bénéfice à prescrire des hormones qui, par ailleurs, ont comme tous les médicaments des effets iatrogènes.

Contacts scientifiques :

Jacques Lansac, Président du CNGOF
Tél. : 02 47 47 47 36

Bruno Carbonne; Secrétaire Général du CNGOF
Tél. : 06 20 37 44 16

Service de presse et de communication :

Marie-Hélène Coste
MHC Communication
Tél. : 01 55 42 22 10

 

 

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Pilule contraceptive et cancer :
les bénéfices excèdent clairement les risques

(communiqué commun CNGOF, FNCGM, SFG)

Le Centre International de la Recherche contre le Cancer (CIRC) a déclenché cet été [1] une vive émotion en annonçant que les pilules contraceptives estroprogestatives devaient être officiellement considérées comme des substances cancérogènes.

Les représentants du Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF), de la Fédération Nationale des Collèges de Gynécologie Médicale (FNCGM) et de la Société Française de Gynécologie (SFG) craignant une lecture caricaturale des données scientifiques rappelées par le CIRC, tiennent à faire la déclaration suivante :

Face à l'augmentation des cancers du sein sous pilule relevée par les travaux du CIRC, les responsables du CNGOF, de la FNCGM et de la SFG soulignent que celle-ci est faible et que ce risque disparaît dix ans aprés la fin de l'utilisation de cette contraception. Il faut dire que le risque d'avoir un cancer du sein est plus élevé, si on vit dans un pays à haut niveau économique comme le nôtre, et probablement si on n'a pas d'enfant ou si on a des enfants après 30 ans.

S'agissant de l'augmentation du risque du cancer du col de l'utérus, les responsables du CNGOF, de la FNCGM et de la SFG rappellent que ce dernier est surtout un cancer sexuellement transmissible, lié à la présence de certains papillomavirus humains (HPV) potentiellement cancérogènes, méme si les hormones peuvent jouer un rôle de promotion dans son évolution. Ils insistent enfin sur le fait que la vie sexuelle, le nombre de partenaires et le tabagisme sont des facteurs directement à l'origine d'une augmentation du risque de cancer du col de l'utérus.
Une augmentation significativement plus importante que celle pouvant étre associée é la prise de pilule.

Les responsables du CNGOF, de la FNCGM et de la SFG estiment que les risques cancérogènes des pilules, certes réels mais assez faibles, doivent être mis en balance avec les avantages de la contraception orale :

* Diminution de moitié du taux de cancers de l'endomètre (qui est le deuxiéme cancer génital chez la femme, soit 4500 cas par an en France),
* Diminution de moitié du taux de cancers de l'ovaire (3100 cas par an),
* Peut-étre diminution du cancer colo-rectal,
* Espacement des naissances et donc des pathologies liées à la grossesse et à l'accouchement (hypertension, diabéte, hémorragies, accidents thrombo-emboliques...).
Cet avantage est d'autant plus précieux dans les pays en développement que 8 femmes sur 1000 y meurent en donnant la vie.
* Il faut encore compter avec la diminution des grossesses extra-utérines, des fausses couches, des interruptions volontaires de grossesse (IVG) et de leurs conséquences.
* Enfin, le fait d'arrêter la pilule priverait les femmes de plusieurs avantages (espacement des naissances, examens systématiques et dépistages faits à l'occasion de la prescription de celle-ci...).

Pour conclure, le CNGOF, la FNCGM et la SFG font leur la déclaration de l'OMS datant du 21 septembre 2005 :

"Il est important de noter que le CIRC, dans sa déclaration de juin 2005 n'a pas évalué le profil global des bénéfices et des risques des contraceptifs oraux en matière de santé publique.

Comme l'a souligné le CIRC, les contraceptifs oraux modifient légèrement le risque de cancer, ce risque augmentant au niveau de certains sites (sein, col utérin, foie) et diminuant au niveau de certains autres (endomètre, ovaire).

Différentes équipes de l'OMS évaluent régulièrement la sécurité et la balance risques-bénéfices des contraceptifs oraux. Elles ont conclu que pour la plupart des femmes les bénéfices pour la santé excèdent clairement les risques" (WHO, Family Planning Home, Evidence-based Guidance, 21 septembre 2005)

Pour le CNGOF, pour la FNCGM et pour la SFG, la pilule a été et est bien plus qu'un dispositif médical. Les bénéfices acquis par la pilule concernent la société toute entière. Évitons donc tout alarmisme injustifié.

[1] : The Lancet Oncology, Current Issue, Volume 6, Number 8, August 2005;552-553 http://oncology.thelancet.com

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