Le Président
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29.03.2006 (Communiqué)
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J. Lansac, B. Carbonne, E. Daraï
On a expliqué aux odieux fonctionnaires que sont les gynécologues-obstétriciens hospitaliers qu’il fallait sortir de la logique du budget global où l’hôpital recevait une dotation annuelle et où moins il y avait d’activité plus le budget était équilibré et les directeurs heureux. Il fallait passer à une tarification à l’activité où plus on a d’activité plus on a de budget, et donc aussi de moyens en personnel et en matériels. Le médecin et la sage-femme présents de jour comme de nuit, 365 jours par an, ont souffert dans moult commissions pour définir les actes de soins, leur pénibilité, les facteurs de complications ou de surcoût liés à la pathologie, l’urgence, le travail de nuit ou de week-end. Des comparaisons savantes furent faites pour réajuster les actes d’une discipline ancienne comme la nôtre à de nouvelles disciplines bien mieux rémunérées comme la chirurgie cardio-vasculaire ou ophtalmologique. Les directeurs nous firent miroiter qu’en fonction de notre activité et des sommes que nous ferions rentrer dans l’établissement nous pourrions recruter plus de sages-femmes, d’infirmières, de puéricultrices ou renouveler nos matériels anciens qui venaient jusque-là en concurrence avec des matériels plus prestigieux destinés à des disciplines plus médiatiques que la gynécologie-obstétrique.
Nous espérions donc être plus à l’aise, avoir plus de moyens, d’autant que la natalité en France se tient à un bon niveau et que, les établissements se regroupant, l’activité de ceux qui restent ne cesse d’augmenter.
C’était sans compter sur la subtilité des financiers qui nous gouvernent qui pensèrent faire varier le prix des actes en fonction de l’activité selon une équation simple : plus vous faites d’accouchements ou de césariennes, moins on paye cet acte. Exemple : entre 2005 et 2006, le prix de l’accouchement par voie basse sans complication baisse de 2,5 %, celui de la césarienne sans complication de 1,7 %.
Plus fort encore : plus l’acte est compliqué, plus son prix baisse. Exemple : la césarienne, nécessaire pour une complication majeure, baisse de 7 %. Si vous gardez l’enfant de plus de 2500 g avec sa mère, vous perdez 0,7 %, alors que si on le transfère le service de pédiatrie, l’établissement gagne 8 %. Voilà qui favorise les unités kangourou et le maintien du lien mère-enfant !
En gynécologie c’est la même chose : le prix d’une GEU, d’un cancer du sein baisse de 1 %.
Certes on peut comprendre que, devant une augmentation des hystérectomies pour lésions bénignes comme le fibrome, les caisses en baissent le prix pour tempérer l’ardeur chirurgicale des médecins en l’absence d’épidémie démontrée ! Mais ce raisonnement ne tient pas pour les naissances, les fausses-couches, les GEU. Ce ne sont pas les gynécologues-obstétriciens qui font les enfants ou qui inventent les cancers du sein ! On ne peut que se réjouir de l’augmentation des naissances, mais on voit mal comment nous pourrons mobiliser nos collègues à travailler plus en recevant moins !
Côté secteur libéral, ce n’est guère mieux : nos collègues sont obligés de travailler plus pour payer uniquement leurs assurances qui passent de 20 000 € à 23 000 et peut-être même 40 000 €. Les assureurs menacent de ne plus les assurer.
Mais que diable font de mal les gynécologues-obstétriciens pour que dans le secteur public ou privé on les somme de travailler plus avec moins de moyens ? Espère-t-on ainsi attirer des vocations ?

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