Le Président
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04.07.2006 (Communiqué)
Deux gynécologues-obstétriciens de grand renom viennent d’être licenciés pour raison économique par la direction de l’Institut de Puériculture de Paris. Une première dans une discipline dont la démographie est déclinante ! On ferme pour manque de rentabilité des lits de médecine néonatale qui accueillent, chaque année, 400 naissances prématurées ainsi que de nombreux couples confrontés à la douloureuse épreuve d’attendre un enfant malformé.
On croit rêver alors que, dans le même temps, le gouvernement met en place un plan périnatal annoncé à grand renfort de trompes !
On ferme des lits de grossesse pathologique en région parisienne sans attendre 2009, date à laquelle les activités de l’Institut de Puériculture seront transférées à l’hôpital Necker dans un bâtiment encore en construction, et ce, bien sûr, à la veille de l’été. La région parisienne, avec ses 171 000 naissances et ses 11 500 prématurés, n’avait pas besoin de cela. Il est déjà difficile aux mamans qui ont une grossesse normale de trouver un lieu pour accoucher à Paris ; que dire alors des grossesses pathologiques, et qui plus est en période estivale, avec les habituelles fermetures de lits ? Doit-on rappeler aux autorités sanitaires que, si l’on ne peut que se réjouir de la natalité soutenue de notre pays, il faudrait cependant donner aux gynécologues-obstétriciens les moyens, en lits et en personnel, pour accueillir les femmes enceintes à grossesse pathologique ?
Le CNGOF, une fois de plus, demande que des mesures soient prise d’urgence pour maintenir ouvert ce service de pointe jusqu’à 2009 et réintégrer ces deux médecins de renom.
Il pousse, une fois de plus, un cri d’alarme sur les conditions d’exercice de la gynécologie-obstétrique en France, alors que les assureurs cesseront de couvrir les gynécologues-obstétriciens fin 2006, et à l’heure où les pouvoirs publics viennent de baisser leurs tarifs de 2,8 % pour les accouchements normaux tout en refusant de reconnaître officiellement leurs urgences.
Mais que diable les gynécologues-obstétriciens ont-il fait pour que, tant dans le secteur public que dans le secteur privé, on les somme de travailler de plus en plus avec de moins en moins de moyens ou, pire, pour qu’on les licencie pour raison économique ! Espère-t-on ainsi attirer des vocations ? Espère-t-on en faire disparaître l’espèce ?
Rappelons qu’aux États-Unis, 1500 counties et même certains états n’ont plus de gynécologues accoucheurs. La France compterait-elle suivre cet exemple ?
Billet d’humeur cosigné par les Professeurs Jacques Lansac, Président du CNGOF, Bruno Carbonne, Philippe Descamps, Fabrice Pierre et par le Docteur Guy-Marie Cousin, Président du SYNGOF
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