CNGOF

Le Président
et le Bureau du Collège « en direct »

23.10.2008. Communiqué de presse du CNGOF suivi d'un communiqué de l'AGOF.

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OUI la santé des femmes EST et SERA assurée

Dans tous les pays d’Europe et d’Amérique du Nord, il existe un spécialiste qui prend en charge la santé des femmes tout au long de « leur vie de femme ». Le grand public l’a baptisé « mon gynéco ». En réalité, il s’agit de médecins spécialisés en Gynécologie-Obstétrique qui, selon la période de la vie, assurent la contraception, puis la surveillance de la grossesse et l’accouchement. Ce sont les mêmes qui prennent en charge les « accidents » : fausse couche, grossesse extra utérine, interruption volontaire ou médicale de grossesse…

C’est encore eux qui aident les couples faisant face à une infertilité à mener à bien une fécondation in vitro.

Après la naissance de leurs enfants, ces femmes revoient leur « gynéco » pour les questions de contraception, puis pour les troubles de la préménopause, la prise en charge de la ménopause, et parfois aussi pour les pathologies liées au vieillissement (prolapsus, incontinence urinaire), voire les cancers de l’utérus ou du sein.

Les patientes vieillissent en quelque sorte avec leur gynéco, devenu, pour beaucoup d’entre elles, le « généraliste » de la femme. Elles sont nombreuses à dire, en effet, que nous sommes les seuls médecins qu’elles consultent, ne serait-ce que pour les visites systématiques, les grossesses et le dépistage des cancers.

Ce lien privilégié, nous l’établissons aussi par la garde 24h sur 24 avec nos équipes qui, à la clinique ou à l’hôpital, sont là nuit et jour pour prendre en charge les problèmes qui surviennent forcément en dehors des rendez-vous programmés. Ils reçoivent une formation en échographie, examen devenu indispensable à bien des diagnostics et en chirurgie dont ils ont développé l’approche mini-invasive. Ce sont eux, en effet, qui ont appris aux chirurgiens viscéraux que les grandes ouvertures ne font pas forcément les grands chirurgiens. Ils ont développé la coeliochirurgie et des techniques alternatives conservatrices pour traiter, par exemple, les règles abondantes et anarchiques sans enlever l’utérus, la chirurgie du sein en conservant la silhouette, la technique du ganglion sentinelle pour éviter les gros bras.

Les « gynécos » sont donc formés à une vaste palette d’activités. C’est selon leur tempérament, leur disponibilité, leur âge, qu’ils choisiront d’exercer en privilégiant le côté médical, obstétrical ou chirurgical de leur activité. Ils gardent néanmoins à l’esprit toute la dimension psychologique si présente dans notre discipline qui nous fait pénétrer dans l’intimité du couple, sa sexualité, son désir ou non d’enfant.

Actuellement, nous sommes 5 000 soit environ 8/100 000 habitants, un chiffre voisin de celui de l’Angleterre, de la Suède, le double de celui de la Hollande. Nous formons aujourd’hui 155 internes par an dans cette discipline, ce qui représentera dans 30 ans 4 650 spécialistes. 60 % sont des femmes, phénomène de féminisation souhaité aussi par les patientes.

Ces spécialistes qui auront appris leur métier en une quinzaine d’années (au moins sept pour la médecine générale + cinq pour la gynécologie-obstétrique et deux d’assistanat dans cette discipline) ne sont pas seuls. Ils sont aidés pour les grossesses, normales dans 80 % des cas, par les sages-femmes, aujourd’hui au nombre de 15 000 et 30 000 demain puisque plus de 1 000 chaque année sont formées. Ce sont ces professionnels de santé qui assurent le suivi des grossesses en ville, à l’hôpital, et pratiquent les accouchements physiologiques, entourant la maman et son enfant dans ses premiers jours de vie. Rappelons que ces sages-femmes qui sont recrutées par le même concours que les médecins, suivent 5 ans d’étude et assurent un exercice médical complet (consultations, échographies, prescription de médicaments, y compris de la contraception et réalisation d’actes importants comme les accouchements et les examens des nouveaux-nés).

Enfin, il ne faut pas oublier les médecins généralistes (des femmes pour plus de 60 % d’entre eux) qui jouent également un rôle essentiel du fait de leur proximité, de la facilité d’accès à leur consultation pour la contraception par exemple, les examens systématiques, le dépistage.

Il n’y a jamais eu autant de médecins généralistes en France, même s’ils sont mal répartis sur le territoire. 4 000 sont formés chaque année et nombreux sont ceux qui souhaitent, dans leur pratique quotidienne, prendre en charge femmes et enfants.

Non, les femmes n’ont pas à s’inquiéter, la relève est assurée. Reste en revanche à bien répartir les rôles entre le médecin généraliste, les sages-femmes et les spécialistes gynécologues-obstétriciens. Nul besoin d’avoir fait 15 ans d’études pour prescrire la pilule ou un traitement de la ménopause, ni pour pratiquer un examen gynécologique chez une femme en bonne santé, enceinte ou non.

Mais il sera toujours nécessaire de bien répartir ces personnels médicaux sur le territoire : les femmes n’habitent pas toutes dans le 16e arrondissement de Paris ou sur la côte d’Azur !!

J. Lansac, E. Daraï, D. Luton

Contacts scientifiques :

Jacques Lansac - Président du CNGOF
Tél. : 02.47.47.69.60

Emile Daraï - Secrétaire Général du CNGOF
Tél. : 06.60.78.17.84

Dominique Luton - Secrétaire Général du CNGOF
Tél. : 06.18.18.27.56

Service de presse et de communication :

Marie-Hélène Coste
MHC Communication
Tél. : 01.49.12.03.40

 

 

 

 

 

       Association des Gynécologues Obstétriciens en Formation

Gynécologie Médicale, quelques précisions

Pourquoi avoir ré-ouvert des postes de Gynécologie Médicale ?

Pour assurer les besoins de la population féminine par une gynécologie médicale de ville.

Problèmes posés par cette filière :

Pour les patientes :

  • La population féminine représente 60 %.
  • L’argument d’une plus grande représentation féminine dans la filière de la gynécologie médicale n’a plus cours car actuellement, la spécialité de gynécologie obstétrique se féminise (comme dans les autres spécialités). A titre indicatif, en 2007-2008, on compte environ 78 % de filles et 22 % de garçons contre 64 % de filles en 2004-2005.
  • Nécessité de former au moins 150 internes de gynécologie médicale par an pour couvrir les besoins.
  • Actuellement 20 postes sont ouverts par an.
  • La couverture de cette population sera alors obtenue entre 2040 et 2050.

Pour les internes de gynécologie médicale :

  • Impossibilité de former plus d’internes au détriment d’une formation optimale devant la saturation des services.
  • Formation raccourcie car leur maquette inclue seulement 3 semestres en gynécologie obstétrique contre 5 semestres (souvent 8) pour les internes de gynécologie obstétrique.
  • Problème de la place non définie des internes de gynécologie médicale au sein des services de Gynécologie Obstétrique, notamment dans les petits CHU.
  • Encadrement des internes dans cette filière qui sont souvent pris en charge par les endocrinologues.
  • Impasse pour les internes nommés, qui n'hésitent pas à faire un droit au remords, désaffection progressive des internes (environ 25 droits au remords en 4 ans, plus de 25 %).
  • Recours à une sur-spécialisation par le biais de DESC et autres diplômes spécifiques, justifiant un ou 2 ans sur des postes de CCA (Chefs de Cliniques Assistants) ou Assistants Spécialistes (PMA, Oncologie, Foetopathie, Echographie...).
  • Carrières principalement hospitalières avec un parcours difficile car les postes de chef de clinique en gynécologie médicale n’existent quasiment pas.
  • Recul de l’installation en ville quand c’est possible car leur DES équivaut à celui de la médecine générale.
  • Actes limités par rapport aux médecins généralistes en termes de prise en charge d’IVG médicamenteuse ou chirurgicale, par rapport aux gynécologues-obstétriciens pour la réalisation d’actes chirurgicaux pour bilans de stérilité (hystéroscopie, coelioscopie).
  • Exception française, absence de reconnaissance de leur diplôme dans les autres pays d’Europe où la discipline a été supprimée.

Quelles solutions ?

1 - Développer la formation (par le biais de DIU : 2 000 médecins actuellement formés et 500 inscriptions par an) des médecins généralistes dont le nombre augmente progressivement et efficacement afin de permettre une bonne collaboration multidisciplinaire :

  • Pour le rôle préventif (contraception, cancers ...) et de dépistage de masse des cancers gynécologiques.
  • Pour la prise en charge intégrale des IVG médicales et chirurgicales (en cours à l’AP-HP).
  • Pour le suivi des grossesses eutociques (800 000 naissances par an) en collaboration avec les sages- femmes et les gynécologues-obstétriciens.

2 - Besoins spécifiques de la population féminine réalisable par des gynécologues chirurgiens

  • En PMA: ponction ovarienne, coelioscopie et hystéroscopie diagnostique et thérapeutique dans le même temps (contre une perte de chance) dans le cadre du bilan de stérilité.
  • Coelioscopies pour GEU en urgence découverte en ville ou à l’hôpital.
  • Tous les actes chirurgicaux gynécologiques réalisés par des gynécologues titulaires d’un DESC de chirurgie avancée.

3 - Recours à l’imagerie diagnostique et interventionnelle

  • Les échographies obstétricales et gynécologiques sont largement assurées par les gynécologues- obstétriciens et les radiologues entraînés.
  • Les diagnostics anténataux nécessitant parfois des gestes interventionnels tels que des ponctions de sang fœtal, le laser dans le cas de STT, ou des interventions chirurgicales in utéro..., sont réalisés par les gynécologues-obstétriciens, les radiologues ou les pédiatres formés par l’intermédiaires de DCE ou DESC d’imagerie.

4 - Collaboration avec les endocrinologues de ville et dans les services de gynécologie obstétrique

  • Pour la prise en charge de pathologies spécifiques (PMA, contraception, ménopause,...).

En conclusion

Nous avons la chance de pratiquer une spécialité entière et complète, permettant une prise en charge globale de la population féminine tant sur le plan préventif, diagnostic que thérapeutique.

Grâce aux formations ciblées pour les Médecins Généralistes et les Sages-Femmes, la couverture de la population féminine est assurée aussi bien dans les zones non privilégiées que dans les rares régions dotées de gynécologues médicaux. En effet, la gynécologie médicale (médecine générale spécialisée de la femme) ne couvre que 15 % de la population.

Tous les internes de gynécologie obstétrique n’ont pas pour vocation de faire une carrière hospitalière, surtout devant la féminisation de notre profession. C’est pourquoi la pratique de la gynécologie médicale est une option personnelle pour un gynécologue-obstétricien qui désire se spécialiser dans des domaines médicaux de notre spécialité. Le but de nos instances est de développer notre formation éclectique et de faire découvrir les nombreuses

facettes de cette spécialité unique et complexe qui ne peut s’enseigner en un an et demi. L'AGOF est la seule association (et non pas un syndicat) représentative des internes de gynécologie- obstétrique en France. Elle a notamment pour vocation d'améliorer la formation des internes.

Pour plus d’informations : http://www.agof.fr

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