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 28.12.2000

RÉPONSE NÉCESSAIRE À UN COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Pr J. R. Giraud
Président du SYNGOF

(Cf. le communiqué de presse du 22.12.2000, sur nos pages "En Direct".)

Les difficultés de l'obstétrique commencent enfin à être connues et, sans ignorer les mises en garde que le Collège a exprimées il y a... des années, le SYNGOF peut dire qu'il y est vraiment pour beaucoup.

Outre cette politique de communication, qu'il est le seul à avoir menée depuis trois ans - avec notamment son Livre Blanc - et jusqu'à ces derniers jours, notre syndicat avait entrepris des démarches auprès du ministère qui se succédaient sans résultat concret. La notion de piétiner nous a amenés à la "grève des IVG", évidemment critiquée par beaucoup, mais, oh miracle ! Madame la Secrétaire d'État a accepté de nous recevoir le 24 novembre 2000. J'ai expliqué cela au conseil d'administration du Collège du 30 novembre et les esprits curieux pourront trouver sur le site internet du SYNGOF (http://www.syngof.fr) nos derniers communiqués et mes lettres à Mme GILLOT, dont celle, recommandée, l'informant de la grève des IVG plusieurs semaines à l'avance.

Nous sommes allés à cette entrevue, avec deux représentants de la Fédération des Cercles des Hôpitaux Généraux, parce que nous pensions, pour le bien de l'obstétrique, que ces derniers devaient être représentés.

Nous avons remis un document que nous avions préparé, et auquel la Fédération des Cercles avait apporté quelques modifications, concernant notamment une adaptation des gardes sur place. Le résultat de cette entrevue a été la création de deux commissions pour étudier, l'une la mise en oeuvre des décrets de périnatalité, l'autre la situation de tous les professionnels de la naissance. Le compte rendu de cette entrevue et le texte remis à la ministre se trouvent sur le site internet du syngof et paraîtront dans le prochain numéro de la revue SYNGOF.

Une nouvelle entrevue a eu lieu le 6 décembre à la Direction Générale des Hôpitaux. Y assistaient 3 représentants du SYNGOF, le Président de la Fédération des Cercles et le Président du CNGOF, qui avaient en face d'eux le Directeur des Hôpitaux, M. COUTY, et plusieurs représentants du ministère. M. COUTY avait entre les mains notre document et nous avons répété les mêmes choses, pour arriver à la même conclusion : création de deux commissions... et rendez-vous le 21 décembre.

Il est à noter qu'à la fin de chacune de ces réunions, Mme D. GILLOT, puis M. COUTY, nous ont demandé de cesser la grève des IVG. Nous y avons consenti, dans un esprit de conciliation, et bien que les avis au sein de notre conseil d'administration fussent partagés.

La réunion du 21 décembre a été préparée le 15 décembre par une conversation téléphonique entre le Président du Collège et le Président du SYNGOF (qui siégeait en conseil d'administration), puis le 19 décembre par une réunion téléphonique entre le Président du Collège, celui de la fédération des Cercles et le secrétaire général et le Président du SYNGOF. Un accord est apparu sur les différents points que j'avais moi-même listés et adressés aux différents interlocuteurs. Nous avions convenu qu'à l'issue de la réunion du ministère, nous tiendrions ensemble une conférence de presse.

Lors de la réunion au ministère du 21 décembre, Mme TOURPILLIER, représentante de M. COUTY, avait la liste des points de discussion que notre secrétaire général lui avait envoyée. Un courrier avait aussi été adressé à M. COUTY et à Mme GILLOT, insistant sur nos espoirs de voir quelques décisions concrètes annoncées ce jour là.

Cet espoir a été déçu, à la fois parce que le conseiller technique qui présidait au déroulement de la réunion a clairement précisé qu'il ne s'agissait pas d'une réunion de "négociations", mais de commissions de travail, et parce que, comme prévu, aucune décision pratique n'a été annoncée ce jour là, d'où le communiqué du SYNGOF annonçant l'arrêt des accouchements.

Deux autres réunions de ce type sont prévues d'ici fin février, et doivent aboutir à un rapport technique qui sera remis au ministre début mars.

Nous pouvons tous nous inquiéter du devenir de ce rapport, ayant clairement compris qu'il n'y avait pas de volonté politique réelle de prendre à bras le corps les problèmes des professionnels de la naissance et du million de femmes enceintes qui se confient à eux.

Cet exposé des faits est peut-être long et fastidieux. Je l'ai fait parce qu'il est important que chacun connaisse leur déroulement.

Il permet de comprendre notre sensation d'être "menés en bateau" et notre exaspération, qui nous amènent à durcir notre position.

Il permet surtout de comprendre mon étonnement (c'est un euphémisme) et la sensation que le syndicat est "torpillé" par le Collège et la Fédération des Cercles, qu'il pensait pouvoir considérer comme des alliés.

Je répète que nous avons engendré un mouvement, dans lequel nous avons été progressivement et finalement rejoints par la Fédération des Cercles puis par le Collège et nous nous en félicitions, dans la perspective d'une lutte commune pour l'amélioration de l'obstétrique.

Je comprends que, prenant le train en marche, ces "alliés" ne comprennent pas notre durcissement, puisqu'ils ont l'impression d'avancer vite.

Je comprends très bien aussi que nos dernières actions de grève leur paraissent injustifiées, pour les mêmes raisons, et qu'ils soient choqués par notre "maladresse".

Je leur demande seulement de réfléchir un peu, et de se dire qu'ils n'ont pas le monopole du respect des malades et de la déontologie.

Je leur demande aussi de se poser la question : "s'ils font cela, n'est-ce pas parce qu'ils ont épuisé tous les moyens ?" Et cette autre "n'ont-ils pas comme nous le souci de donner des soins de qualité dans la sécurité ?" Et cette dernière "est-ce que c'est bien à moi de donner des leçons, alors que je n'ai rien fait jusqu'à présent ?"

Mais trêve de reproches, il faut voir l'avenir immédiat : les discussions en cours, et lointain : les meilleurs soins possibles à celles qui se confient à nous, avec leurs enfants.

Je demande instamment que cessent ces prises de position publiques qui font le jeu de l'interlocuteur d'en face, plus rompu que nous à ces joutes.

J'invite le Collège et la Fédération des Cercles, s'ils veulent nous dire quelque chose à prendre leur téléphone, comme nous l'avions fait, sans nous tirer dans le dos.

Je les invite enfin à agir, avec les moyens qu'ils jugeront bons (comme nous en avions convenu, car les possibilités des uns ne sont pas celles des autres) et j'aimerais que ce soit en concertation (comme nous avions désiré le faire).

A ce propos, j'invite tous les gynécologues obstétriciens à faire signer à leurs patientes la pétition que le syndicat a fait diffuser, et à envoyer à Mme GILLOT la lettre que je lui avais adressée après le 24 novembre, cosignée par le Président des Cercles.

Enfin, mon ancienneté au CNGOF (membre fondateur et membre du conseil d'administration depuis 16 ans) et les activités que j'y ai eues m'autorisent, je pense, à dire que le Collège devrait éviter de retomber dans les conflits avec le Syndicat, dont les points de vue sont différents mais tout aussi honorables.

L'article III de ses statuts, concernant les buts, ne dit-il pas : "Le Collège... en liaison étroite avec les Pouvoirs Publics,... les syndicats... a pour buts... 2) ...de promouvoir une politique gynéco-obstétricale cohérente, tenant compte de toutes les modalités publiques et privés d'exercice de la spécialité...". Je rappelle qu'un tiers des membres du syndicat sont hospitaliers.

Grâce, il faut le dire, à des liens personnels, j'avais cru révolue l'époque des querelles stériles. J'aimerais ne pas m'être trompé.

Vos réactions par courriel au webmaster.

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29.12.2000

Bravo au Pr Giraud; carton rouge aux dirigeants du CNGOF: il est facile de critiquer ceux qui agissent surtout quand on n'a pas fait grand-chose pour défendre la profession...

J.THEVENOT Gynécologue-obstétricien
Clinique Ambroise Paré
31 Toulouse
jeanthev@club-internet.fr

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Re: [gynelist] Pr GIRAUD /CNGOF

Dans un courrier daté du 01/01/2001 12:08:39, thierry.dumont@free.fr a écrit :

>A lire +++
>"RÉPONSE NÉCESSAIRE À UN COMMUNIQUÉ DE PRESSE

[Il reproduit dans gynélist le texte original de J.R. Giraud ci-dessus]

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