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 04.04.2001

Les sages-femmes praticiens hospitaliers ?

Par M. Assus
(Message reçu par le président du Collège le 4 avril 2001)

J'ai l'impression que nous tournons tous en rond, sages-femmes et obstétriciens, autour d'une vérité que personne n'ose dire : Les obstétriciens sont en net recul démographique. Les sages-femmes sont corps médical, avec des compétences médicales diagnostiques et thérapeutiques. Soutenir le mouvement des sages-femmes comme le font le SYNGOF, le CNGOF, et la Fédération des Cercles implique le souhait de voir se poursuivre cette spécificité française, et, même de la faire reconnaître et étendre dans l'union européenne.

Ceci veut dire, pour le secteur public, la reconnaissance des sages-femmes comme praticiens hospitaliers. Les dentistes le sont bien ; je ne vois pas ce qui empêcherait que les sages-femmes le soient aussi : ce sont des médecins à compétence limitée à la pratique de l'obstétrique normale et à la détection de l'anomalie ; cette compétence repose sur une formation théorique et pratique dont le champ d'action est de plus en plus large et dont la qualité est incontestable ; leur fonction, si elle a du mal à être reconnue sur le plan statutaire, est en revanche évidente pour l'autorité judiciaire qui met de plus en plus en cause leur responsabilité ; le poids médico-légal de cette profession est en effet, comme pour les obstétriciens, de plus en plus lourd. D'autre part, nous avons tout intérêt, nous, gynécologues-obstétriciens du secteur public, à ce que le statut de sage-femme soit "tiré vers le haut" : nous pourrons ainsi nous même garder et développer notre orientation dans des directions plus spécifiquement médicales et chirurgicales de notre discipline ; d'autre part dans nos discussions avec l'administration et avec nos collègues, nous sommes souvent incompris et minoritaires : les sages-femmes, introduites dans les C.M.E. seront un atout supplémentaire pour nos services. La reconnaissance d'un statut de PH-sages-femmes est donc une nécessité ; c'est d'ailleurs une chance à saisir maintenant : si nous n'y arrivons pas maintenant, cette spécificité française disparaîtra dans l'union européenne et nous nous retrouverons au niveau des Belges avec des accoucheuses qui n'accouchent personne, des obstétriciens qui effectuent les accouchement normaux, et, comme le calendrier n'est pas élastique, les obstétriciens se déplaceront à n'importe quelle heure du jour et de la nuit pour aller « faire » des accouchements normaux et garderont le diagnostic prénatal dont personne ne veut, mais ils laisseront aux chirurgiens la chirurgie gynécologique : et, peu à peu, ils se transformeront en sages-femmes. Mais qu'ils se rassurent: ils garderont les césariennes !

Il faut évidemment se poser la question des établissements privés où dans la plupart des cas, l'obstétricien effectue lui même tous les accouchements y compris les normaux . Est-il encore raisonnable de faire croire qu'un accouchement normal est mieux fait par un médecin que par une sage-femme ? La fidélisation d'une clientèle doit elle passer par ce mythe ! : on sait parfaitement que l'expulsion n'est qu'une étape de tous les dangers que courent la mère et l'enfant à naître. Une réforme de la nomenclature n'est elle pas envisageable ? : le médecin devrait pouvoir recevoir des honoraires, qu'il assiste ou non à l' accouchement : la garde médicale est obligatoire: elle doit être rémunérée correctement ! Il faut que l'esprit d'équipe règne aussi dans le privé ; c'est possible !

Voilà dans quelle voie nos réflexions doivent aller, faute de quoi nous ne serons pas crédibles!

M. ASSUS.

Vos réactions par courriel au webmaster.

Voir ci-dessous.

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06.04.2001

Merci pour tes intéressantes reflexions qui me paraissent aller dans la direction à défendre pour une bonne efficacité du système périnatal.

Je suis moins pessimiste que toi sur l'Europe des sages-femmes, la très grande majorité des pays ayant des sages-femmes de type français, c'est à dire, médecin à compétences limitées mais reconnues (Grande-Bretagne, Pays-Bas, Allemagne, Norvège, Suisse) et parfois à compétence plus importante (Suède). La situation belge est paradoxalement minoritaire.

Beaucoup de pays "recréent" des sages-femmes pour résoudre le problème coût-efficacité périnatal (Québec, certains états des USA).

C'est dire combien il faut défendre le concept que l'obstétrique est réalisée par 2 catégories de praticiens différents et complémentaires : les sages-femmes et les gynécologues-obstétriciens qui doivent donc avoir le même statut hospitalier et le même type d'activité dans le privé et le public.

Bernard MARIA.
cngof@club-internet.fr

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06.04.2001

Je ne suis bien d'accord qu'un accouchement est un accouchement, par une sage-femme ou un onbstétricien ne fait pas la différence. Par contre, que les statuts hospitaliers des sages-femmes et des obstétriciens puissent être similaires, je ne le crois pas.

Les sages-femmes, même motivées et disponibles travaillent sur une base de 39 heures par semaine, certes souvent dépassées mais sans commune mesure avec les horaires effectués par les gynécologues obstétriciens. Si les sages-femmes souhaitaient travailler plus de 50 heures par semaine, cela ferait partie de leurs revendications et je ne crois pas que nous devions être zélés dans notre soutien à leur profession au point de souhaiter pour elles des choses qu'elles ne demandent pas.

Bruno Carbonne.
bruno.carbonne@sat.ap-hop-paris.fr

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30 mai 2001

J'ai été très agréablement surpris par la prise de position (radicale !) de MM Assus et Maria sur le statut des sages femmes hospitalières.

En tant que PH d'une maternité de niveau 3 sur l'ile de la Réunion, je ne peux nier que l'essentiel de notre travail de médecin spécialiste relève des grossesses pathologiques et de la chirurgie (trop peu, faute de temps), et que l'obstétrique normale est quasi entièrement prise en charge par les sages femmes, à la fois en consultation et en salle de travail. Dans les conditions d'exercice actuelle de l'obstétrique, je ne vois guère d'autre alternative que de confier officiellement l'obstétrique normale aux sages femmes, en partenariat avec la medecine générale et spécialisée, authentifiant ainsi leur formation médicale qui n'a plus à faire ses preuves. Le statut de praticien hospitalier peut parfaitement s'appliquer aux sages femmes, même si elles conservent des horaires de travail fixes.

De toutes façons, ne nous leurrons pas : comme le rappelle M Assus, compte tenu de la démographie médicale catastrophique en obstétrique, le déconventionnement de nos confrères du secteur privé risque d'être une large règle, avec un afflux de naissances normales que les praticiens hospitaliers publics (médecins) seront bien incapables de prendre en charge.

Dr Eric ORVAIN
CHD Félix Guyon
Saint Denis de la Réunion
gyn-obst@chd-fguyon.fr

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