LIBRES OPINIONS |
Pour exprimer vos libres opinions ou vos
réactions, communiquez-les directement
par
courriel au
webmaster.
Comme l'indique le titre de cette page, les libres opinions n'engagent que leurs auteurs, non le CNGOF. Lecteurs, vous êtes cordialement
invités à faire connaître vos réactions,
qui, également, n'engagent que vous.
Tout texte accepté pour publication par le Comité éditorial est reproduit intégralement, y compris les fautes d'orthographe
31.12.2001
Il est sain que, dans notre démocratie médicale, des voix s'élèvent pour se démarquer d'une "pensée unique" que d'aucuns estiment relever du corporatisme, voire du militantisme. Tout en reconnaissant l'urgente nécessité de l'approche du handicap par notre société, certains s'interrogent sur notre responsabilité réelle dans le dépistage échographique antenatal.
Y aurait-t-il contradiction entre le devoir de dépistage échographique antenatal et la découverte de faux négatifs à la naissance ? La préjudice déclaré devant la découverte de malformations néonatales peut-il être imputable à l'auteur de l'examen ultrasonore ?
La sensibilité des méthodes diagnostiques n'est pas absolue :
Plusieurs études épidémiologiques récentes ont montré les limites du dépistage échographiques dans une population à bas risques de malformations, telle que la population générale. Environ 60% des anomalies sont retrouvées en période ante-natale.
Le défaut de dépistage n'est pas synonyme de faute
Le diagnostic échographique porte sur une image, interface entre une technologie dépendante de l'appareillage, des conditions tissulaires, de la position fotale, de la visibilité même d'une éventuelle anomalie et un opérateur, simple humain de compétence et d'attention variables. Même si la compétence doit être évaluée régulièrement, même si l'examen doit être minutieux, l'intervention du praticien n'est qu'un maillon (faible) d'une séquence d'événements para-cliniques dont la médecine fondée sur les preuves reconnaît les limites, et donc la "faillibilité".
Le handicap révélé à la naissance ne peut être assimilé à un préjudice (de vie) :
Le préjudice corporel se définit comme une atteinte portée à la santé ou à l'intégrité physique ou mentale d'une personne ; en aucun cas, l'échographiste ne saurait être l'auteur d'un handicap résultant d'une anomalie d'origine naturelle, constituée avant l'examen. Pour autant, il ne peut que clamer l'impérieuse nécessité d'une solidarité nationale et le devoir moral de notre société pour reconnaître le droit à la différence et pour aider ces personnes handicapées, si nous voulons les considérer comme nos "semblables".
Loin de nous de vouloir nous dérober. Les fautes, lorsqu'elles existent doivent être punies. Le droit à l'interruption médicale de grossesse ne peut aboutir, dans l'état de nos connaissances actuelles, au devoir de dépistage de toutes les anomalies. Le législateur ne peut accepter que l'échographiste assume les difficultés ou les impossibilités de détection d'anomalies, préexistantes à l'examen, au motif qu'il a empêché le droit à la non-existence. Faute de quoi, tous les échographistes se sentiront rapidement incompétents !
Vos réactions par courriel au webmaster.