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 12.01.2002

Aux membres du Conseil d'Administration du CNGOF

Chers collègues,

Nous avons appris, qu'à 2 reprises, au moment où la question d'une convention entre le CNGOF et l'AUDIPOG était à l'ordre du jour de la réunion de votre CA, en septembre et décembre dernier, vous aviez reçu des informations concernant les activités de notre association qui nous paraissent sans fondement et nécessitant une réponse circonstanciée de notre part.

D'après ce qui nous a été rapporté, les éléments suivants ont été avancés :

Sur ces arguments sans fondement objectif, un mot d'ordre de boycott du séminaire AUDIPOG a été lancé, notamment en direction des pédiatres néonatologistes. Malgré cela, nombreux parmi eux ont été présents à ce séminaire. Nous avons aussi eu connaissance d'une information insérée au sein de la 1re lettre de la FNPN adressée à tous ses membres qui, reprenant certains de ces arguments, contribue ainsi à leur en donner une large diffusion.

Souhaitant apporter des éléments de clarification et répondre à un souhait légitime d'informations, le Conseil d'Administration de l'AUDIPOG a réuni, le 8 novembre dernier, les présidents ou représentants des sociétés professionnelles concernées par la périnatalité. Au cours de cette réunion, un certain nombre d'accords sont intervenus, et l'AUDIPOG a été clairement reconnue comme une assemblée de professionnels de la naissance constituant un "tiers de confiance" dépositaire de données périnatales à des fins d'analyse et d'évaluation, dont la qualité du travail est incontestable.

Nous avons aussi dissipé une confusion permanente, et peut-être voulue, entre l'évaluation des réseaux périnatals d'une part et le développement de notre banque commune de données périnatales à des fins de surveillance en continu des indicateurs de santé et d'évaluation des pratiques et des résultats d'autre part. L'AUDIPOG, comme le CNGOF, a toujours reconnu les différents systèmes d'évaluation des réseaux (cf. article "Indicateurs et outils d'évaluation des réseaux" J Gyn Obstet Biol Repr 2001;30:641-56). L'AUDIPOG, fort de son expérience de mise en commun de données, propose à ceux qui le souhaitent un protocole d'évaluation interne et externe des réseaux (qui ne recouvre que l'aspect quantitatif de cette évaluation). La banque de données périnatales nationale constituée par l'AUDIPOG permet, en revanche, une évaluation de la politique de réseau au niveau national, comme c'est le cas actuellement pour l'évaluation des pratiques et des résultats au niveau des maternités.

Un autre malentendu que nous avons dissipé concerne la confusion entre communication au sein des réseaux et évaluation des réseaux. Le système de communication que nous préconisons est destiné à assurer la continuité des soins au sein des réseaux (et ce à la demande et au service des professionnels de la naissance), système rendant particulièrement aisée l'évaluation des réseaux. Cependant, il n'exclut pas l'utilisation d'autres sources de données à des fins d'évaluation, puisque les logiciels préconisés prévoient une automatisation du PMSI et du CS8 (éventuellement élargi) à la grande satisfaction des DIM et services de PMI qui les ont expérimentés.

Malgré ces clarifications, de nouveaux arguments ont été avancés lors de la dernière réunion de votre Conseil d'Administration : nous n'aurions pas reçu d'accord CNIL pour la constitution de la base de données commune (actuellement 80000 naissances) et, "Mme Mamelle n'aurait pas répondu aux demandes d'informations sur ce point". Or, la CNIL a donné son accord, le 21 juin 1995, pour le traitement d'informations (anonymisées) relatives au suivi d'indicateurs de santé périnatale, sous la responsabilité de N. Mamelle, et aucune demande d'information sur ce point ne nous est jamais parvenue. À ce sujet, rappelons que ce sont les éditeurs de plates-formes de communication, et non l'AUDIPOG, qui doivent recevoir un accord CNIL concernant la transmission de données nominatives.

Cet ensemble d'informations sans fondement a conduit à une déstabilisation des obstétriciens représentant la profession au sein de votre Conseil d'Administration, alors que la plupart des développements techniques réalisés aujourd'hui par l'AUDIPOG ont été conçus, à la demande même du Conseil d'Administration du CNGOF ou après avoir recueilli son avis.

Nous souhaitons que tous les membres du Conseil d'Administration du CNGOF prennent connaissance des réponses apportées aux arguments sans fondement objectif, ou interprétatifs, avancés contre le système d'information périnatal conçu par un groupe de travail commun à l'AUDIPOG et au CNGOF lui-même. Nous espérons ainsi, par ces informations en retour, concourir au maintien de la cohésion de l'ensemble des professionnels autour d'un projet coopératif considéré, par beaucoup d'entre nous, comme une source permanente de connaissances mais aussi un élément de défense de la profession.

Nous vous prions de croire, Chers Collègues, en nos sentiments les meilleurs.

Pour le Conseil d'Administration de l'AUDIPOG, les membres du bureau
Nicole Mamelle
Président
Pierre Marès
Vice Président
Bernard Maria
Vice-Président
Olivier Claris
Vice-Président
Didier Pinquier
Secrétaire
Brigitte Neveu
Trésorier

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Chers collègues,

Pourquoi l'AUDIPOG fait peur ? Voilà une question qui risque de surprendre certains collègues qui savent que l'AUDIPOG existe et propose un dossier structuré régulièrement mis à jour, un cahier des charges pour informatiser une maternité, une base de données périnatales (le réseau sentinelle) et un site internet convivial (http://audipog.inserm.fr). Mais les relations humaines sont inévitablement complexes, surtout lorque cela n'en vaut pas la peine...

Dois-je vous rappelle que le principe d'une convention CNGOF/AUDIPOG avait été adopté lors de la réunion du CA du CNGOF de juin 2001 et que 2 projets successifs ont été diffusés suffisamment tôt pour que d'éventuelles modifications puissent y être apportées à la demande d'un membre du Conseil d'Administration. Or, ni commentaires, ni modifications n'ont été proposés à l'avance. Juste deux fax, courroucés, de dernière minute, en septembre, de Paul Sagot et de la Fédération des Néonatalogistes. Etait-ce de la susceptibilité ou de l'ingérence ? Plutôt la crainte de voir un projet intéressant, reconnu par les professionnels et par le Ministère... Le CA n'a pas refusé (qui ne dit mot consent), certains se sont offusqués de ces interventions aussi intempestives que maladroites.

Or n'est-ce pas le rôle d'une société professionnelle, comme le CNGOF, de préconiser l'utilisation d'outils informatiques reposant sur les développements technologiques actuels, de surcroît, conçus par un groupe de travail du CNGOF, après accord de son conseil d'Administration, pour favoriser la mise en commun des données périnatales (par la seule volonté des services et des réseaux, rappelons-le) depuis le début de la grossesse jusqu'à la sortie du nouveau-né (élément capital pour l'évaluation des pratiques dans les maternités) ?

Nombre de nos collègues, au sein et en dehors du Conseil d'Administration, ont regretté un tel manque de cohérence du CA, puisque ces développements techniques et ces projets de mise en commun des données périnatales sont issus des travaux d'un groupe commun du CNGOF et de l'AUDIPOG, en application de décisions antérieures du CA lui-même.

Les membres du groupe de travail, réuni par le CNGOF, qui ont travaillé pendant plus de 3 ans au développement de ce système d'information commun, se sentent aujourd'hui désavoués par leur propre CA. Ce désaveu est consécutif à la proclamation d'informations sans fondement, au cours du dernier CA, ce qui n'a pas permis d'en vérifier l'objectivité. Ces arguties peuvent être considérées comme une manÏuvre politicienne desservant l'ensemble de la profession.

Est-il possible que la diversité des systèmes d'évaluation et de communication soit intolérable à certains ? D'autres projets, fort honorables au demeurant, compatibles avec l'informatisation proposée par l'AUDIPOG, seraient-ils jaloux ? Ne serait-ce pas, plutôt, de vieilles luttes de "pouvoir " ?

Faut-il se déchirer pour des outils, et ne rien faire, ou faciliter l'évaluation des pratiques professionnelles ? N'y aurait-il aucun intérêt à disposer d'une base de données périnatales nationales ? La solidité d'un dossier médical et la démonstration du suivi des recommandations professionnelles ne sont-ils pas d'actualité, dans le contexte médico-légal que nous vivons ?

Si nous ne voulons pas être évalués par l'autorité (le Ministère ou les ARH) ou le financeur (la CNAM), nous devons le faire nous-mêmes, à travers des associations et sociétés de professionnels, respectant nos instructions. C'est exactement la mission de l'AUDIPOG. C'est le souhait des professionnels, donc du Collège.

Paris, le 12 janvier 2002
Bernard MARIA.

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