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20.11.2002 (Courriel adressé au webmaster, sur l'accouchement à domicile)

Paradigme ?

Suite aux inquiétudes des professionnels de la naissance dont la presse se fait l'écho, puis-je suggérer un changement de point de vue?

Cette sécurisation exigée et défendue en justice pour les naissances conduit fatalement aux problèmes rencontrés. Mais l'origine est aussi dans l'exigence des hommes à maîtriser les processus naturels en les enfermant dans des technologies.

Moi, père de trois enfants, je réclame le droit pour la mère de choisir son mode d'accouchement, y compris à la maison, avec l'assistance d'une sage-femme, ce qui signifie surtout qu'elle (et le père) assume cette responsabilité de donner la vie avec tous les risques et enjeux associés, pas seulement en négatif.

Ce n'est pas ici le lieu d'argumenter en détail, mais je voudrais simplement que vous, professionnels de la naissance, regardiez objectivement ce qui se passe aux Pays-Bas, qui je le crois bénéficie de meilleures statistiques sur la naissance que la France, et où existe pourtant, très exercé, ce droit que je réclame.

Merci aux obstétriciens de démissionner ou de faire grève, s'ils le font, cela n'empêchera pas les femmes d'accoucher, bien au contraire, à la condition qu'un climat serein préside malgré tout à leur travail de vie.

Je parle au sujet de l'immense majorité des mères qui peuvent accoucher naturellement, cela va sans dire quand on est responsable.

Très cordialement

christian.waterkeyn@thales-microsonics.com

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23.11.2002

Le constat d’une pénurie des personnels de la naissance est une perche tendue aux partisans de l’accouchement à domicile.

* L’accouchement à domicile est-il interdit en France ?

L’argument d’un accouchement plus naturel, dans un cadre non médicalisé est mis en avant, ainsi que les indicateurs satisfaisants des pays qui le pratiquent comme les Pays-Bas. Qui voudrait s’opposer à un tel souhait, très légitimement recevable sur le plan humain ? L’accouchement à domicile n’est d’ailleurs pas interdit sur notre territoire. Toutefois, différents éléments doivent être pris en compte : des données scientifiques et des contraintes socio-économiques.

La France adapte de plus en plus ses choix de politique de santé aux évidences scientifiques. Actuellement, aucune comparaison valable n’a pu être menée entre domicile et autre lieu d’accouchement. Cependant, les professionnels de la naissance savent bien que l’on ne peut dire qu’un accouchement a eu une issue heureuse que lorsqu’un recul de deux à trois heures après la délivrance permet de s’assurer de l’absence de complication. De plus, au domicile, la patiente ne peut avoir accès aux techniques de maîtrise de la douleur (telles que l’analgésie péridurale) qui représentent actuellement, plus qu’un confort, un véritable outil sécuritaire, car l’urgence obstétricale pourra se gérer sans avoir recours à une anesthésie générale acrobatique à haut risque de complication maternelle avec passage transplacentaire des produits anesthésiques au fœtus. Et les preuves scientifiques existent dans ce domaine.

* Peut-on prédire de manière fiable qu’un accouchement sera "sans risque" ?

Sur le plan socio-économique, il convient de sélectionner de façon très attentive les patientes dites à bas risque obstétrical et une telle politique de prévention demande des moyens humains considérables pour une population de soixante millions d’habitants comparés aux seize millions des Pays-Bas. Les difficultés commencent dès cette sélection. Des études britanniques randomisées dans une population jugée a priori à bas risque et comparant l’accouchement dans des "maisons de naissance" et dans des services classiques montrent que 50 % des patientes ne peuvent accoucher en maison de naissance en raison d’une pathologie imposant l’accouchement en secteur conventionnel. De plus, une étude canadienne a montré que, si l’accouchement planifié à domicile était possible, la survenue d’une complication avait des conséquences plus péjoratives que si elle s’était produite à l’hôpital. Car c’est bien d’accouchement planifié au domicile qu’il est question et non d’accouchements inopinés qui, eux, surviennent le plus souvent dans une population à plus haut risque.

* Les couples souhaitent-ils être des acteurs pleinement responsables ?

Alors, oui à l’accouchement à domicile pour les couples qui, même après sélection, acceptent un risque résiduel imprévisible et parfois fatal, de complication maternelle et/ou fœtale. Il faut avoir vu une patiente saigner au décours immédiat d’un accouchement comme si un robinet était ouvert pour comprendre ce qu’urgence obstétricale veut dire. Et il est établi que l'hémorragie reste la principale cause de mortalité maternelle. Il restera enfin à trouver la compagnie d’assurance qui voudra prendre en charge le professionnel de santé (sage-femme, médecin) qui aura accepté ce défi. Or, l’inflation des conflits médico-légaux est pour une grande part responsable du marasme dans lequel nous sommes actuellement.

P. Monnier-Barbarino (Nancy)

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35/11/2002

Nous ne pouvons pas transposer le système hollandais à la France :

superficie 17 fois inférieure
population 4    "          "       concentrée sur 4 grandes aggomérations
surveillance et recommandations draconiennes de la grossesse :

un manuel recense toute la pathologie et délimite en fonction de celle-ci la pratique des intervenants : (dépistage du risque)
A= SAGE-FEMME
B= GENERALISTE
C= SPECIALISTE

Seule peut accoucher à domicile la femme ne présentant aucun risque (la moindre anomalie étant considérée comme un risque : légère anémie, traces de protéinurie…) La maternité est prévenue et prête à intervenir au moindre problème (avec éventuellement l'ambulance du SAMU devant le domicile !!!)

Mais il faut insister sur le fait que depuis plusieurs années les Hollandaises, elles aussi, souhaitent bénéficier de l'analgésie obstétricale et accouchent de moins en moins à domicile.

Georges Robinet (Troyes)

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