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27.09.2007 (communiqué de l'AGOF)

Suppression de la liberté d'installation
GREVE NATIONALE ASTREINTES ET GARDES DÈS LE 27 SEPTEMBRE

A tous les internes, assistants specialistes et CCA de gynecologie-obstetrique

Le 26/09/2007

Chers Amis,

L'AGOF se joint a l'ensemble des syndicats presents a l'AG de la Pitie Salpetriere du 24 septembre dernier (ISNIH, ISNCCA, SIHP, SNJMG, ANEMF...) pour vous informer concernant le projet de loi expeditif sur le PLFSS qui prendra rapidement un caractere definitif s'il est vote dans les 30 jours, et qui concernera tous les jeunes medecins candidats a l'installation des le mois de MAI 2008. Le ministere ne prevoit qu'un role consultatif des syndicats de jeunes medecins pour l'amendement de cette loi.

En clair, tout CCA ou AS qui ne finit pas avant novembre 2007 sera contraint par cette loi au deconventionnement en cas d'installation en zone urbanisee dite "surmedicalisee".

Nous vous rappelons les consequences pour un praticien qui s'installe sans etre conventionne : les charges sont multipliees pratiquement par 3 a son encontre, et les patientes ne sont plus remboursees. Cela revient sans equivoque a une mesure coercitive pour supprimer la liberte d'installation.

Cette proposition, faite dans l'urgence par des conseillers du Chef de l'Etat qui n'ont manifestement pas planche correctement sur le sujet, fait suite a un accord trouve entre les syndicats d'infirmieres liberales et l'union nationale des caisses d'assurance maladie. Le but etant, dans l'urgence, de repondre a la "question du jour", a savoir : "la population se plaint de ne pas avoir assez de medecins dans les zones rurales, il faut donc contraindre les jeunes medecins a aller s'y installer".

Rappelons que la problematique des infirmieres est differente de celle des medecins, puisque la densite d'infirmieres installees en zone rurale est de 1 pour 7 en zone urbanisee, alors qu'il y a 1 medecin en zone rurale pour 1,7 medecin en zone urbanisee. La "surdensite" medicale annoncee n'existe donc pas : les medecins sont deja en sous-effectif sur l'ensemble du territoire.

Ce probleme de manque de medecins va se resoudre de lui meme dans 10 ans, avec l'augmentation actuelle du numerus clausus en P1. En revanche, les mesures incitatives pour favoriser l'installation des jeunes medecins existent deja dans les zones sinistrees (exoneration des charges, aides a l'installation de la mairie ou la region, absence de rachat de clientele...) sans pour autant attirer plus de jeunes medecins dans ces zones rurales. Cela prouve qu'il ne s'agit pas d'un probleme d'argent.

Les jeunes medecins ne sont pas a tenir pour responsables de la desertification des zones rurales. Des solutions existent pour reconcilier un exercice de la medecine maintenant un certain niveau d'excellence avec une participation necessaire a la prise en charge medicale des zones a faible densite de population. Dans tous les cas, la solution ne passera pas par des mesures coercitives, telles que celles proposees, et dont les effets pervers se sont deja faits sentir en Allemagne ou en Suisse sur les patients et les praticiens.

Soyons vigilants a ne pas tomber dans le piege tendu a travers les medias de faire passer notre mouvement pour inhumain et egoiste, et a faire croire que les medecins sont des nantis qui ne veulent pas aider les patients en zone rurale. Remettons les pendules a l'heure a travers nos revendications, car le maintien de l'excellence medicale francaise au service des patients dans ces zones devra necessairement passer par une prise en compte de l'avis des professionnels de sante plutot que par une loi faite dans l'urgence par des administratifs porteurs de mepris pour les medecins et les patients.

LA GREVE DES GARDES ET ASTREINTES COMMENCE POUR TOUS LES INTERNES, CCA ET AS LE 27 SEPTEMBRE SUR TOUT LE TERRITOIRE. 2 internes referents par hopital sont a designer, et a mettre en rapport avec l'equipe de l'ISNIH qui pilote la greve et qui a prepare un "pack referent" qui repond a tous les aspects legaux de la greve que vous pourriez rencontrer et les courriers types qui y repondent.

Pour vous tenir informes de l'evolution des negociations, consultez les sites de l'isnih et du sihp.

Esperons que ce gouvernement corrigera le tir.

Bien amicalement.

Le bureau de l'AGOF.

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27.09.07

J’espère qu’info ne veut par dire soutien, ou sinon autant dire que les G-O que nous sommes ne sont pas concernés par les Pb de santé publique dont la première condition est une répartition nationale RAISONABLE des professionnels, et non de continuer à avancer dans le mur comme actuellement au mépris le plus élémentaire de la sécurité des  « usagers » (qui payent la sécu et les hopitaux)
Cordialement
Pr SAGOT

27.09.07

je souscris entièrement aux propos de Paul Sagot
dans notre doux pays de France on a la spécialité de mettre des années à accepter ce que le bon sens le plus élémentaire exige
il en fût ainsi pour la FMC obligatoire des médecins......j'ai consacré des heures de discussion à ce dossier lorsque j'étais au ministère; les médecins se drapaient dans leur dignité en disant que tout était inscrit dans le code de déontologie et in fine ,après avoir perdu des années, on y est tout de même arrive
par ailleurs je suis viscéralement opposé à la grève des médecins: pour moi les deux termes sont antinomyques
j'ai à plusieurs reprises demandé au Conseil National de l'Ordre des Médecins d'organiser un débat sur ce sujet, sans succès
je me trompe sans doute en pensant que c'est une question déontologique et éthique qui devrait intéresser le C.N.O.M
Gérard Lévy

27/09/07

Ce n'est qu'une info .
Je partage tout a fait l'avis de P.Sagot .
Je rajoute que les études médicales étant payées par les contribuables ceux ci sont en droit d'exiger que les médecins s'installent là ou il y a des besoins.
On a bien fait une filière pour la G/O , l' AR du fait des besoins et cela limite la possibilité de faire une autre spécialité .
J.Lansac

28/09/07

J’ai une opinion plus nuancée que celle exprimée par Paul, Gérard et Jacques. Certes, si on résume le débat à pour ou contre la liberté totale d’installation on conclut vite, pour peu qu’on soit responsable et conscient de la grandeur de notre métier, que le pire serait le maintien de la chienlit actuelle. Il faut cependant voir que le conflit qui démarre et la forme déplorable qu’il prend, la grève, n’est que la conséquence de l’excès de planification, étatisation et réglementation de tout. A commencer par le numerus clausus qui a été si bien planifié qu’on a fait de nos petites têtes blondes des valeurs très sélectionnées et très chères, qui font bien payer, comme seuls les aveugles ne le voyaient pas venir, les obstacles qu’ils ont eu à franchir. Leur volonté de retour sur investissement est proportionnelle à cet investissement qu’on a exigé d’eux. Leur préférence pour la Radiologie et non pour la GO résulte aussi de cela (entre autres).
Ceci étant, une meilleure régulation des installations est souhaitable, mais elle devrait passer par l’incitation, la valorisation, et non par une nouvelle coercition. C’est sans doute (mais je ne suis pas dans le secret des dieux) sur cela que le dialogue a achoppé, ce qui nous conduit au bras de fer actuel.
Je mettrais volontiers dans le même sac l’introduction forcée de la Lecture Critique d’Article à l’ENC. Nos décideurs avaient raison sur le fond, mais pas sur la forme. Nos étudiants se souviennent de la gifle reçue et cela aggrave leur radicalisation actuelle qui porte en filigrane le rejet global de leurs aînés.
Je plaide donc pour qu’on ne prenne pas une position trop radicale, mais qu’on profite de la crise d’aujourd’hui pour qu’il y ait un vrai dialogue, qui incite à la responsabilité de tous.
Très amicalement,

Bernard Hédon

28/09/07

Bonjour,
Je partage l'avis de Bernard Hédon.

Au titre de praticien libéral, j'ajouterai qu'un des problèmes de notre exercice libéral est qu'il n'a de plus en plus de libéral que le nom.
En particulier, pour les chirurgiens , gyn-obs, et les spécialités à plateau technique, l'exercice libéral en établissement privé, associé aux obligations réglementaires et administratives, fait que la liberté de l'exercice professionnel se réduit chaque jour davantage, sans que personne (les décideurs) n'ait le courage de faire (ou d'exprimer) un choix clair entre une vraie activité libérale et un salariat des médecins par les structures où ils exercent (cliniques, centres de soins...); aujourd'hui, le médecin libéral (plus que d'autres professions libérales) voit ainsi se multiplier les contraintes sans avoir les avantages des salariés.
Si une contrainte supplémentaire est apportée en terme de restriction d'installation, il faut en face apporter une amélioration de l'exercice professionnel; c'est en cela que les mesures incitatives sont préférables aux mesures coercitives; ces mesures incitatives sont pour certaines prévues mais non appliquées.

De plus, un jeune médecin qui s'installe (et s'investit financiérement et familialement ) doit avoir une visibilité sur le moyen terme, sans quoi l'intérêt professionnel de l'exercice libéral sera balayé par les risques de modifications permanentes des règles du jeu comme c'est le cas depuis une quinzaine d'années.

Tout en étant conscient des incohérences actuelles de la démographie médicale (aussi bien libérale qu'hospitalière d'ailleurs), je ne peux donc que comprendre la démarche des jeunes médecins et souhaiter avec avec eux un peu plus de clarté, de cohérence et de vision à moyen et long terme dans les décisions des ministres et de leurs conseillers quels qu'ils soient.
Amicalement.
J.THEVENOT
28/09/07

Je partage totalement l’opinion mesurée de bernard Hédon
De plus on ne change pas les règles du jeu en cours de partie
JJoelle BELAISCH-ALLART

28/09/07

Je prend le train déjà en marche  mais je suis d'accord sur la position de Bernard. De toute façon un texte de coercition dans le public n'est pas constitutionnel et a toutes les chances de se faire annuler au conseil d'état ( voir d'ailleurs l'ex. recent de l'ADN pour les demandeurs d'asile). Il faut je pense de la solidarité avec les plus jeunes.
Amitiés
Hervé Fernandez

05/10/07

Je ne peux que partager l'avis de mon maître le Professeur Gérard LEVY, toujours éclairé et généreux car il s'agit il s'agit non pas d'une reflexion à visée personnelle mais pour le bien collectif (et je retrouve bien Paul SAGOT et Jacques LANSAC ...)
les privilèges ont été abolis en 1789 , pour tous , mais le corporatisme médical perdure y compris sous forme de lobbing agissant à tous les étages de notre république Et pourtant l'éthique personnelle de notre choix est naturelle et coule de source: nous avons choisi d'être au service , ou alors je n'ai rien compris à la générosité de ma profession qui passe forcement au dela de l'intérêt individue( A propos de CNOM , permettez moi d'exprimer ma surprise à la lecture du 1er éditorial du nouveau président , bien éloigné d'une réflexion purement éthique ....)
A TOUS
Dr Patrice LUCAS ( citoyen et républicain )

09/10/2007

je suis vraiment navré du manque de soutiens de la part de nos ainés dans notre spécialité et des propos que l'on peut lire en réponse au communiqué de l'AGOF. Je suis surpris de voir certains universitaires avancer des commentaires sur des sujets qu'ils ne maitrisent pas, sans aucune argumentation.

Il est trop facile de "théoriser" les revendications des jeunes médecins face aux problèmes de démographie médicale. Vous réduisez leurs revendications à une simple problématique de corporatisme de la jeunesse médicale alors qu'au contaire ce sont les premiers à s' élever contre des projets de lois extrêment dangereux pour l'avenir de notre système de soins. C'est aussi nier l'investissement, la reflexion et l'élaboration de nombreuses propositions sur ces sujets ( rapport Berland vous connaissez? ) par les syndicats de jeunes médecins (SIHP, ISNIH.....).

je vous invite donc à consulter leurs sites( celui-ci http://www.grevejeunesmedecins.com/ concentre leurs liens) et à ensuite venir soutenir ce mouvement de protestation comme l'a déjà fait le collège nationale des universitaires de psychiatrie (document joint). Les universitaires ou enseignant de gynécologie- obstétrique se croiraient-ils plus intelligent ?

cordialement

Grégory AKERMAN-CCA Lariboisière Paris

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