CNGOF

LIBRES OPINIONS

Pour exprimer vos libres opinions ou vos réactions, communiquez-les directement par courriel au webmaster.
Comme l'indique le titre de cette page, les libres opinions n'engagent que leurs auteurs. Lecteurs, vous êtes cordialement invités à faire connaître vos réactions, qui, également, n'engagent que vous.
Tout texte accepté pour publication par le Comité éditorial est reproduit intégralement, y compris les fautes d'orthographe.

02.06.2008 (Voir aussi l'article paru dans La Gazette Santé Social du 01.06.2008 - PDF)

L’obscurantisme est de retour !!

Nous avions cru comprendre, qu’au moins en droit, la femme était l’égale de l’homme. En ce qui concerne la virginité, l’homme sera cru sur parole et il est de notoriété publique, surtout en matière de sexualité, que l’homme ne ment jamais… Sur le même sujet, la femme doit, en plus, apporter la preuve de ce qu’elle avance avec la fameuse tache de sang sur le drap de la nuit de noce ou un certificat en bonne et due forme. N’est ce pas la mettre en situation d’infériorité, la rabaisser au rang du « deuxième sexe » au motif de son anatomie de sa physiologie ? Attacher une valeur juridique à ce reliquat embryonnaire variable d’anatomie, n’est-ce pas la réifier, en faire un objet « certifié de première main » ? N’est -ce pas là de la discrimination de genre ?

Non les médecins et en particulier les gynécologues obstétriciens ne sont pas là pour rédiger des certificats de virginité qui sont une atteinte manifeste à la dignité de la femme.
Non les gynécologues obstétriciens ne sont pas là pour refaire les hymens, faciliter le mensonge et finalement aider à perpétuer une tradition d’un autre âge.

Non la reconstruction de l’hymen n’est pas une chirurgie esthétique « comme une autre » car ici la jeune femme n’est pas libre mais soumise à une forte pression sociale et familiale quand ce n’est pas à un mariage contraint. Et rien ne serait pire pour le médecin que de tirer profit matériel de la détresse de ces femmes.

Oui la femme est égale de l’homme, libre de son corps, de sa vie. Épouser une femme c’est vouloir vivre avec celle que l’on aime avec ses qualités, ses défauts, son histoire et non signer un contrat pour avoir une vierge dans son lit.

Simone de Beauvoir reviens ! Les femmes ont besoin de toi. Hommes et femmes de Mai 1968 réveillez vous ! Rappelez-vous cette époque bénie ou il était interdit d’interdire.
Aujourd’hui l’obscurantisme le plus sombre est de retour

Jacques Lansac, Emile Daraï, Dominique Luton
Professeurs de Gynécologie Obstétrique,
Président et Secrétaires généraux du Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français

Vos réactions  ou commentaires par courriel au webmaster.

11 juin 2008

OUI A LA PLASTIE DE L'HYMEN

L'affaire de Lille nous interpelle sur une réalité dont l'ampleur dépasse un fait isolé et nous pose, à nous médecins et en particulier à nous gynécologues et gynéco-obstétriciens, deux questions : faut-il répondre favorablement à une demande de certificat de virginité ? Faut-il accéder à une demande de plastie de l'hymen ?

Ne pas établir un certificat de virginité n'a aucune conséquence pour la patiente. Soit elle est vierge et le jour du mariage la question ne se pose pas, soit elle n'est pas vierge et le certificat ne servira à rien. De toute manière, ce certificat n'a pas de sens car entre le moment où il est établi et le jour du mariage et plus précisément la nuit de noces, la vie suit son cours... Pour cette raison, je n'établis pas de tels certificats.

En revanche, récuser une demande plastie d'hymen peut avoir des conséquences dramatiques pour la patiente : l'annulation du mariage, le divorce, la mise au ban de la famille et de l'entourage plus large. J'estime pour ma part que face à une demande émanant d'une femme majeure souvent dans une grande détresse psychologique, je me dois de répondre positivement à cette demande, et ce d'autant plus que l'intervention sollicitée ne peut en aucun cas être assimilée à une mutilation ou à une coquetterie plastique. Je ne suis pas moi-même chirurgienne mais je m'efforce toujours de leur prendre rendez-vous avec un confrère qui accepte de faire des plasties de l'hymen.

Même si nous pensons que ces jeunes femmes font une telle demande sous la pression sociale et culturelle, même si cette intervention chirurgicale n'appartient pas à notre culture médicale, en tant que médecin nous n'avons pas à porter un jugement moral sur ces jeunes femmes dont le seul tort serait d'avoir vécu une sexualité préconjugale à l'instar des filles de leur âge et qui, malheureusement, sont rattrapées lors du mariage par les traditions patriarcales qui font de la virginité des femmes le symbole de l'honneur de la famille.

Assumer une vie moderne et rester loyale à la culture de ses parents est chose difficile. Aidons ces jeunes femmes plutôt que de les abandonner dans leur détresse !

Docteur Samira BEN HADJ YAHIA
Gynécologue-obstétricienne
BETHUNE

Haut de page