CNGOF

LIBRES OPINIONS

Pour exprimer vos libres opinions ou vos réactions, communiquez-les directement par courriel au webmaster.
Comme l'indique le titre de cette page, les libres opinions n'engagent que leurs auteurs. Lecteurs, vous êtes cordialement invités à faire connaître vos réactions, qui, également, n'engagent que vous.
Tout texte accepté pour publication par le Comité éditorial est reproduit intégralement, y compris les fautes d'orthographe.

Courriel reçu le 19.12.2008

Etude sur la césarienne

Bonjour,
je me permets de vous interpeller suite aux différents articles et reportages diffusés début décembre au sujet de l’étude de la Fédération hospitalière de France qui dénonce la hausse du taux de césarienne et les écarts "difficilement compréhensibles" entre maternités.
Au-delà des polémiques entre les différentes organisations, les justifications vaseuses de part et d’autre, j’aimerai que le thème de la césarienne soit évoqué plus en profondeur. De nombreux changements doivent être opérés et pour que ces changements soient bénéfiques POUR LES PATIENTS il faut que le CNGOF s ‘engage pleinement.
Si vous le permettez je trouve que cette étude aborde que la surface du problème… En effet les causes de cette augmentation ne sont pas assez « fouillées » : recourt trop régulièrement aux déclenchements alors que la mère et le bébé se portent bien, recourt à la césarienne car de moins en moins d’obstétriciens savent accoucher les enfants par le siège, recourt trop récurrent à la pelvimétrie (qui n’est pas une science exacte à part pour les bassins chirurgicaux qui sont rares en nombre…), bref trop de surmédicalisation et finalement peu de véritable accompagnement, primauté au principe de précaution et pas d’échanges avec les patients (les patients doivent être au courant des risques ET des avantages de chaque option).
Par ailleurs la voix des femmes est peu entendue. Il faut savoir qu’il y a un énorme tabou sur la douleur physique (la douleur de l’enfantement est perçu comme étant la douleur ultime, exit les douleurs post-opératoires) et la douleur psychologique ( « du moment que la mère et l’enfant vont bien… »). Les mères elles-mêmes se censurent pour aller de l’avant. Pourtant il s’agit-là, dans la grande majorité des cas, de l’impossibilité de prendre bébé dans ses bras, de s'en occuper, le voir seulement quelques heures après l'intervention (parfois même après tous les autres membres de sa famille), de ne pas s’inscrire dans une histoire millénaire, familiale, naturelle...Il s’agit-là d’immobilité durant 24h, brancher à une perfusion, une sonde urinaire, parfois un bandeau de prise de tension automatique (qui fonctionne toutes les 1⁄2 heure, des douleurs postopératoires, des infections...et pour bébé il ne bénéficie pas de l'essorage des poumons lorsqu'il emprunte le canal vaginal et a plus de risque d'avoir une infection pulmonaire...Et puis une 1ère césarienne ampute largement les chances d'accoucher par voie basse la fois suivante car vous êtes étiquetée "accouchement à risque"...C'est le parcours du combattant pour trouver un gynécologue, une maternité qui accepte l'accouchement par voie basse et au moindre petit pépin (qui pour une 1ère grossesse n'aurait même pas fait sourciller le moindre médecin) c'est retour par la case césarienne...Le médico-légale invite les médecins à césariser plus vite que leur ombre et on oublie les dommages collatéraux...
Enfin j’ajouterai qu’il y a beaucoup de choses à mettre en place : un véritable accompagnement des naissances (pas une surmédicalisation) et de l’après-naissance, la possibilité pour le père d’assister à la césarienne pour que celle-ci soit vécue comme une véritable naissance (papa à côté de la mère derrière le champ opératoire, possibilité pour la mère de prendre son bébé en abaissant le champ, possibilité pour le père de couper le cordon ombilical)…
Pour en savoir plus je vous invite à consulter le site www.cesarine.org qui est une mine d’informations pour avoir le regard de la maman.
Cordialement,

Isabelle, maman de 2 enfants nés par césarienne

Vos réactions  ou commentaires par courriel au webmaster.

.

Haut de page