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| Le « texte long » des présentes recommandations, incluant les rapports in extenso des experts et l’ensemble des références bibliographiques, sera publié dans un numéro spécial du Journal de gynécologie, obstétrique et biologie de la reproduction, à paraître au premier trimestre 2006. | ||
CNGOF (Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français 184 rue du Faubourg St Antoine 75012 PARIS)
Sociétés co-promotrices
CNRHP (Centre National de Référence en Hémobiologie Périnatale)
SFMP (Société Française de Médecine Périnatale)
Comité d’organisation :
L. Marpeau (Président, CNGOF), B. Carbonne (coordonnateur, CNGOF), C. d’Ercole (Société Française de Médecine Périnatale), Y. Brossard (Hémobiologie, CNRHP Paris), S. Guillaume (Collège National des Sages-Femmes), D. Lemery (Société Française de Médecine Périnatale), P.-Y. Le Pennec (Institut National de la Transfusion Sanguine), M.H. Poissonnier (Club de Médecine Foetale), F. Puech (Société Française de Médecine Périnatale), F. Teurnier (Collège National des Sages-Femmes)
Experts du groupe de travail :
B. Branger (épidémiologie pédiatre, Nantes), Y. Brossard (hémobiologie, CNRHP Paris), B. Carbonne (gynécologue-obstétricien, Paris), A. Cortey (hémobiologie pédiatre, CNRHP Paris), O. Parant (gynécologue-obstétricien, Toulouse), J. Ravinet (gynécologue-obstétricien, Paris), N. Winer (gynécologue-obstétricien, Nantes)
Lecteurs :
F.-X. Aubriot (gynécologue-obstétricien secteur privé, Paris), A. Benbassa (gynécologue-obstétricien secteur privé, Grenoble), G.-F. Blum (gynécologue-obstétricien secteur privé, Mulhouse), J. Bouillié (pédiatre, CHU Paris), P. Boisselier (gynécologue-obstétricien secteur privé, Châtellerault), A. Bongain (gynécologue-obstétricien, CHU Nice), F. Bretelle (gynécologue-obstétricien, CHU Marseille), CIANE (Collectif interassociatif autour de la naissance, représentants d’usagers), H. Cohen (gynécologue-obstétricien secteur public, Paris), A.-S. Ducloy-Bouthors (anesthésiste, CHU Lille), G. Folléa (directeur EFS Pays de la Loire), C. Francoual (pédiatre, CHU Paris), R. Jeny (gynécologue-obstétricien, CH Saint Maurice), M. Le Dû (sage-femme, CH Château-Gontier), M. Legentil (sage-femme, CH Dole), A. Lienhart (anesthésiste, CHU Paris), L. Mannessier (biologiste, EFS Nord de France), S. Marret (pédiatre, CHU Rouen), J.-M. Mayenga (gynécologue-obstétricien, CHI Sèvres), A. Mignon (anesthésiste-réanimateur, CHU Paris), F. Nguyen (sage-femme, CHI Poissy St-Germain), A. Pascal (gynécologue-obstétricien secteur privé, Marseille), M. Persch (gynécologue-obstétricien secteur privé, Cagnes sur Mer), P. Poulain (gynécologue-obstétricien, CHU Rennes), D. Riethmuller (gynécologue-obstétricien, CHU Besançon), P. Rouget (directeur général INTS Paris), P. Rozenberg (gynécologue-obstétricien, CHI Poissy St-Germain), J.-F. Schved (biologiste, CHU Montpellier), D. Tardif (gynécologue-obstétricien, CH Annecy), M. Zanardi-Braillon (directrice école de sages-femmes, Reims).
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L’allo-immunisation anti-Rhésus-D (RhD) est responsable d’anémies foetales et néonatales sévères ainsi que d’ictères néonatals graves. Elle est due, chez la femme RhD négatif, à la synthèse d’anticorps IgG anti-D en réponse au passage transplacentaire d’hématies foetales RhD positif dans la circulation maternelle. Les anticorps maternels traversant le placenta vers la circulation foetale provoquent en retour une hémolyse et une anémie chez le foetus RhD positif.
Sa fréquence a considérablement diminué depuis la généralisation des injections d’immunoglobulines anti-D chez les femmes Rhésus négatif au cours de la grossesse et après l’accouchement. Parallèlement, l’amélioration de la prise en charge pré et postnatale des formes graves d’allo-immunisation a permis d’en réduire les conséquences pour l’enfant aux cours des dernières décennies.
Actuellement en France, la prévention par immunoglobulines anti-D au cours de la grossesse n’est pratiquée qu’en cas de situations à risque d’hémorragie foeto-maternelle : métrorragies, fausse couche spontanée, interruption de grossesse, grossesse extra-utérine, cerclage, traumatisme abdominal, amniocentèse ou autre prélèvement ovulaire, version par manoeuvres externes...
Il persiste cependant des cas d’allo-immunisation RhD qui peuvent avoir plusieurs causes : prévention oubliée ou inadaptée (doses et/ou délais), grossesses méconnues (fausses couches précoces…), échec d’une prévention apparemment adaptée. Enfin, certaines immunisations surviennent en cours de grossesse, le plus souvent au cours du dernier trimestre, sans facteur de risque identifié d’hémorragie foeto-maternelle. Ces dernières échappent à la prévention ciblée et ont conduit de nombreux pays à proposer une injection systématique supplémentaire d’immunoglobulines anti-D au troisième trimestre de la grossesse.
On estime le nombre de grossesses conçues chaque année en France à 1 à 1,1 million, incluant les naissances vivantes (794 000 en 2004), les fausses couches spontanées, les grossesses extra-utérines, les interruptions médicales et volontaires de grossesse. Environ 15 % de la population française étant de groupe RhD négatif, on peut évaluer à 150 000 à 165 000 le nombre de femmes RhD négatif enceintes chaque année. La fréquence du gène RhD étant de 0,6 dans la population française, le nombre annuel des femmes RhD négatif avec foetus RhD positif serait de l’ordre 90 000 (75 000 au-delà de 28 SA).
La prévalence des incompatibilités RhD résiduelles est de 0,9 pour mille, concernant donc 730 à 750 femmes par an en France. Il n’existe pas en France de registre national exhaustif des allo-immunisations anti-D ni de leurs formes graves. Les données parcellaires dont nous disposons permettent d’évaluer à quelques dizaines par an le nombre de décès périnatals liés à ce type d’allo-immunisation.
Environ les trois quarts de ces allo-immunisations anti-D restantes surviennent au décours de l’accouchement, d’une IVG, de fausses couches spontanées ou de GEU, du fait d’une prévention oubliée ou inadaptée. On estime qu’environ 1/4 des allo-immunisations anti-D surviennent actuellement au décours d’une hémorragie foeto-maternelle sans facteur de risque identifiable, surtout au 3e trimestre, et risquent donc d’échapper à une prévention ciblée. En effet, un passage « spontané » d’hématies foetales dans la circulation maternelle survient dans 4 % des cas au premier trimestre, 12 % au 2e trimestre, 45 % au 3e trimestre.
La prévention ciblée seule actuellement pratiquée en France a permis une réduction par un facteur 6 à 10 des allo-immunisations anti-D (d’environ 6 à 10 pour mille à environ 1 pour mille naissances vivantes) en 30 ans, toutes gravités confondues.
Il est néanmoins établi qu’une allo-immunisation résiduelle peut survenir au cours ou au décours de la grossesse malgré cette prévention. Pour cette raison, certains préconisent d’ajouter à cette prévention ciblée seule une prévention systématique au début du troisième trimestre (prévention systématique et ciblée).
Dans tous les cas, une injection d’immunoglobulines est effectuée en cas de situation à risque d’immunisation aux premier et deuxième trimestres et après l’accouchement d’un enfant RhD positif.
Ces deux politiques de prévention au cours de la grossesse ont été évaluées en termes d’incidence d’immunisations anti-D : l’incidence d’immunisation est de 0,8 % à 2,2 % avec une prévention « ciblée seule » contre 0,1 % à 0,7 % avec une prévention « systématique et ciblée ». Ainsi, l’application d’un protocole « systématique et ciblé » permet une réduction de l’immunisation de 60 à 80 % par rapport à une prévention « ciblée seule ». Les doses reconnues comme efficaces pour cette prévention systématique sont de 300 µg en une injection à 28 SA ou 2 injections de 100 µg à 28 et 34 SA.
Quel que soit le protocole utilisé, il persiste des échecs de la prévention. L’application stricte des protocoles est indispensable pour espérer réduire l’incidence des allo-immunisations.
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La prévention ciblée seule actuellement pratiquée en France a permis une réduction par un facteur 6 à 10 des allo-immunisations anti-D (d’environ 6 à 10 pour mille à environ 1 pour mille naissances vivantes) en 30 ans, toutes gravités confondues.
Il est néanmoins établi qu’une allo-immunisation résiduelle peut survenir au cours ou au décours de la grossesse malgré cette prévention. Pour cette raison, certains préconisent d’ajouter à cette prévention ciblée seule une prévention systématique au début du troisième trimestre (prévention systématique et ciblée).
Dans tous les cas, une injection d’immunoglobulines est effectuée en cas de situation à risque d’immunisation aux premier et deuxième trimestres et après l’accouchement d’un enfant RhD positif.
Ces deux politiques de prévention au cours de la grossesse ont été évaluées en termes d’incidence d’immunisations anti-D : l’incidence d’immunisation est de 0,8 % à 2,2 % avec une prévention « ciblée seule » contre 0,1 % à 0,7 % avec une prévention « systématique et ciblée ». Ainsi, l’application d’un protocole « systématique et ciblé » permet une réduction de l’immunisation de 60 à 80 % par rapport à une prévention « ciblée seule ». Les doses reconnues comme efficaces pour cette prévention systématique sont de 300 µg en une injection à 28 SA ou 2 injections de 100 µg à 28 et 34 SA.
Quel que soit le protocole utilisé, il persiste des échecs de la prévention. L’application stricte des protocoles est indispensable pour espérer réduire l’incidence des allo-immunisations.
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Les immunoglobulines actuellement commercialisées sont d’origine humaine (provenant exclusivement de donneurs sains d’Amérique du Nord, hyperimmunisés et rémunérés). Les effets indésirables comportent de très rares réactions allergiques et d’hypersensibilité. Le risque viral lié à l’utilisation des immunoglobulines est extrêmement faible du fait des traitements appliqués pour éliminer les virus. Néanmoins, une possibilité de transmission virale ne peut jamais être totalement exclue, notamment avec des virus non encore répertoriés. Aucun cas de transmission de prions par des médicaments dérivés du sang n’a été rapporté à ce jour.
Dans tous les cas, l’exposition inutile à des produits dérivés du sang doit être évitée autant que possible et la traçabilité des administrations d’immunoglobulines doit être assurée (noter le nom du produit et le numéro de lot dans le dossier patient)..
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Le génotypage foetal RhD sur sang maternel a une très bonne sensibilité au-delà de 10 SA, excellente au-delà de 15 SA. En cas de RhD foetal négatif, il est proposé pour l’instant de valider ce premier résultat par un deuxième prélèvement maternel quelques semaines plus tard. En cas de RhD foetal positif, le résultat peut être considéré comme acquis.
L’utilisation systématique du génotypage foetal chez les femmes RhD négatif dont le conjoint est RhD positif permettrait d’éviter les injections d’immunoglobulines anti-D, qu’elles soient d’indication ciblée ou systématique. Environ un tiers des femmes RhD négatif étant enceintes d’enfants eux-mêmes RhD négatif, le nombre d’injections d’immunoglobulines pourrait être diminué d’autant, sans diminution d’efficacité de la prévention.
En France, plusieurs laboratoires spécialisés disposent d’une technique validée de génotypage foetal sur sang maternel. Les éléments qui freinent encore son utilisation à large échelle sont l’absence de standardisation des techniques, l’absence de kit commercial pour la diffusion en dehors de centres très spécialisés et enfin l’absence de remboursement du test. Il apparaît urgent que le génotypage RhD foetal soit inscrit à la nomenclature des actes de biologie médicale.
Dans le cas particulier d’une amniocentèse (ou d’une biopsie de trophoblaste) dans le cadre d’un diagnostic prénatal chez une femme RhD négatif, l’abstention d’immunoprophylaxie est licite en cas de génotype foetal RhD négatif. Le génotypage foetal sur sang maternel étant alors réalisé précocement (avant 12-15 SA en général), la vérification du génotype foetal RhD sur liquide amniotique ou villosités choriales dans les 72 heures suivant le geste permet alors de conforter l’abstention de prévention.
L’utilisation d’immunoglobulines monoclonales anti-D pour la prophylaxie est à l’étude depuis plusieurs années. L’intérêt en serait double : permettre une parfaite sécurité biologique et éviter les risques de rupture de stock d’immunoglobulines d’origine humaine exclusivement nord-américaine. Les anticorps testés jusqu’à présent ne permettaient pas encore une élimination satisfaisante des hématies RhD positif. D’autres études cliniques avec d’autres anticorps monoclonaux sont en cours de préparation.
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[1] * La dose la plus basse actuellement commercialisée en France est de 200 µg. Néanmoins, une dose de 100 µg serait suffisante dans cette circonstance (ne pas fractionner les doses). [retour au texte]
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