GYNÉCOLOGIE ET SANTÉ DES FEMMES
 
LA DEMANDE DE SOINS - GROSSESSE 1

Grossesse

L'ESSENTIEL

*  Il y a actuellement en France plus de 740 000 accouchements par an, ce qui correspond à un taux de fécondité de 1,71 enfant par femme, et place notre pays au-dessus de la moyenne européenne.

*  L'âge des femmes qui accouchent est en moyenne de 29,2 ans, la première maternité ayant lieu à un âge toujours plus avancé ; 12% des mères sont d'origine étrangère, proportion qui reste stable depuis vingt ans.

*  Près de 9 visites prénatales sont effectuées au cours du suivi de la grossesse. Seules 0,2% des grossesses ne sont pas suivies. En ville, les femmes consultent en grande majorité le gynécologue pour le suivi normal de leur grossesse.

*  Les modes d'accouchement ont considérablement changé ces dernières décennies: la moitié des accouchements se font sous péridurale (12 fois plus qu'en 1981), 16% par césarienne tandis que les anesthésies générales se raréfient (5%). Dans un tiers des cas, les gynécologues obstétriciens n'effectuent plus les accouchements dans l'urgence.

Par ailleurs, dans 60% des cas, les femmes accouchent dans des maternités publiques.

*  Malgré la baisse observée ces dernières années, la mortalité maternelle demeure encore élevée en France: 13,9 décès pour 100 000 naissances vivantes. La mortalité par éclampsie est la deuxième cause de mortalité maternelle (près de 20% des décès), derrière les hémorragies de la délivrance, qui représentent 36% des décès maternels.

Des mesures préventives concernant les pathologies associées (hypertension artérielle et diabète gravidique, de prévalences respectives 10% et 3% des grossesses) pourraient contribuer à abaisser ce nombre de grossesses "à risque".

*  La prématurité est relativement stable depuis 1981, autour de 6%: la réduction de la prématurité précoce compensant l'augmentation des naissances prématurées par décision médicale.

Les anomalies congénitales sont actuellement à l'origine de 24% des décès néonatals ce qui, grâce au recours au diagnostic anténatal toujours plus performant, devrait diminuer. Le nombre des enfants de faible poids de naissance augmente (plus de 6% des naissances) et est toujours une cause importante de mortalité néonatale. L'augmentation des transferts in utero pourrait contribuer à diminuer les 7 décès périnatals pour 1 000 naissances vivantes en moyenne, que la France connaît actuellement.

 

Actuellement, on estime à environ 950 000 le nombre de grossesses annuelles en France (total des accouchements et des IVG).

Évolution du nombre de naissances en France

Depuis 1990, le nombre de naissances annuel a chuté: cette baisse a été importante jusqu'en 1994, puis ces dernières années le nombre des naissances a peu évolué (tableau 8 et figure 17) [32,42].

tab 8
Tableau 8
Nombre de naissances, totales et légitimes*, en France
Entre 1990 et 1994, le nombre de naissances a chuté. (Sources: INSEE)
*: "légitime" signifie "dans le mariage"

 

Projections du nombre de naissances en France

Selon l'INSEE, avec une hypothèse de taux de fécondité moyen à 1,8, le nombre de naissances en France à l'horizon 2020 devrait encore se réduire. Après une augmentation transitoire, le nombre de naissances devrait être inférieur à celui de 1994 (tableau 9 et figure 17).

tab 9
Tableau 9
Projections du nombre de naissances, en France (Source: INSEE)

 

fig 17
Figure 17
Nombre de naissances en France
Évolution depuis 1990 et projections pour 2020

 

Comparaisons européennes

En Allemagne et aux Pays-Bas, le nombre annuel de grossesses tend à diminuer depuis 1990 (figure 18). Les données françaises figurent sur le graphe à titre de comparaison [22].

fig 18
Figure 18
Nombre de grossesses annuel en Allemagne, aux Pays-Bas et en France. Évolution depuis 1990 et prospective 2010
En Allemagne et aux Pays-Bas, le nombre annuel de grossesses tend à diminuer depuis 1990

 

Les taux de fécondité par âge, observés au cours de la même année, sont synthétisés en un indicateur statistique: l'indice synthétique de fécondité. Cet indice correspond au nombre d'enfants que mettrait au monde en moyenne une génération fictive de femmes qui, tout au long de leur vie, seraient soumises à ces taux de fécondité par âge. Pour le monde entier, cet indice était estimé à 3,0 enfants par femme en 1996 [67].

En Europe, cet indice a diminué depuis 1980: il est passé de 1,82 à 1,42. La France présente toujours un indice synthétique de fécondité supérieur à la moyenne des autres pays (1,71 en 1997) même s'il a tendance à diminuer: il était de 1,94 en 1980. L'indice allemand est assez bas et fluctue autour de 1,4 (figure 19).

fig 19
Figure 19
Indice synthétique de fécondité en Europe. Évolution depuis 1980
La France présente toujours un indice synthétique de fécondité supérieur à la moyenne des autres pays (1,71 en 1997) même s'il a tendance à diminuer.

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Surveillance et soins pendant la grossesse

En France, entre 1981 et 1995, la surveillance des grossesses a considérablement évolué (tableau 10 et figures 20 à 22) [29]. La prise en charge par l'assurance maladie y a contribué. En effet, 7 visites prénatales et 1 postnatale obligatoires ainsi que 3 échographies (1par trimestre) sont actuellement remboursées à 100%.Entre 1981 et 1995, le nombre de visites prénatales a nettement augmenté probablement du fait de l'amélioration du niveau socio-économique des femmes. Cependant, il existe encore 7% des femmes exerçant une activité, 20% des femmes recevant l'allocation chômage, parent isolé ou RMIste et 32% des femmes sans ressources, qui font l'objet de moins de 7 visites prénatales.
En 1995, les femmes ont effectué en moyenne 8,9 visites prénatales. Ce chiffre n'augmentera probablement pas dans les années à venir [29].

tab 10
Tableau 10
Données sur la surveillance de la grossesse (en % de femmes)
Entre 1981 et 1995, le nombre de visites prénatales a nettement augmenté. (Source: INSERM)

 

fig 20
Figure 20
Nombre de visites prénatales (en %). Évolution 1981-1995
En 1995, les femmes ont effectué en moyenne 8,9 visites prénatales.

 

Le nombre de grossesses non suivies est très faible. Il est estimé à 0,2%, soit 1 500 grossesses par an, ce pourcentage n'ayant pas évolué depuis 1981.
Sans les effets positifs attendus de la couverture maladie universelle (CMU), cette proportion aurait eu tendance à augmenter du fait du nombre croissant de femmes non prises en charge par l'assurance maladie, observé ces dernières années [15,29].

fig 21
Figure 21
Nombre d'échographies (en %). Évolution 1981-1995
En 1995, 48 % des femmes ont eu plus de 3 échographies pendant le suivi de la grossesse.

 

Le dépistage par échographie est largement pratiqué: la moitié des femmes font l'objet de deuxou trois échographies, soit le nombre recommandé par la conférence de consensus de 1987, et 48,5% des femmes en ont plus [29].

fig 22
Figure 22
Surveillance de la grossesse (en %). Évolution 1981-1995
Entre 1981 et 1995, le nombre d'hospitalisations pendant la grossesse a augmenté.

 

Le taux d'hospitalisations au cours de la grossesse a augmenté. Il est passé de 15,6% en 1981 à 19,9% en 1995. Toutefois, on observe une réduction de la durée des hospitalisations. Les hospitalisations de huit jours ou plus sont passées de 46,8% à 32,7% pendant la même période [15].

Consultations pour surveillance normale de la grossesse (page suivante)


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© 2000, Jean Cohen, Patrick Madelenat, Rachel Levy-Toledano - ISBN 2-86911-958-5
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Diffusion sur l'internet : CNGOF (Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français) (30 mai 2000)